Mardi, l’armée sioniste a ordonné à tous les habitants de Ghaza d’évacuer. Cet ordre inédit — visant une ville entière — résonne comme une condamnation collective.
Synthèse S. M.
Comment évacuer quand les routes sont éventrées, les transports hors de prix, et les familles sans ressources ?
À Sabra, un quartier de Ghaza, Youssef Farid, père de cinq enfants, explique :
«Nous irons d’une tente à une autre, d’un danger à un autre. Nous marcherons sans doute à pied, car nous n’avons pas les moyens de payer un transport.»
Ces mots résument l’absurdité tragique de l’ordre sioniste : chasser des déplacés déjà déplacés, condamner les survivants à l’errance perpétuelle.
Depuis octobre 2023, Ghaza est devenue le théâtre d’une guerre d’extermination : plus de 64.000 Palestiniens tués, 2,1 millions d’êtres humains déplacés plusieurs fois, des quartiers entiers rasés, et la famine installée. Les camps surpeuplés, les enfants mal nourris, les malades sans soins: tout cela n’est plus une conséquence collatérale, mais un système voulu et assumé par Tel-Aviv.
L’entité prétend frapper le Hamas, mais ce sont les civils qui paient le prix. Chaque bombardement de tours résidentielles, chaque destruction d’infrastructures, chaque coupure d’eau et d’électricité démontre une logique implacable : éradiquer Ghaza comme lieu de vie.
L’argument des otages : prétexte ou stratégie ?
Le gouvernement du criminel Netanyahu affirme que l’assaut contre Ghaza vise à briser le Hamas et à libérer les 48 otages encore détenus. Mais cette justification apparaît de plus en plus comme un prétexte.
Des familles d’otages israéliens elles-mêmes accusent Netanyahu de sacrifier leurs proches sur l’autel de sa stratégie militaire. Leur voix révèle une fracture interne : l’entité sioniste, en prétendant sauver, risque de détruire ceux qu’il dit vouloir protéger.
L’offensive sioniste suscite une vague de critiques. Le Royaume-Uni et la France ont averti qu’elle risquait de violer le droit humanitaire international. L’Allemagne a suspendu ses exportations d’armes vers l’entité. L’Espagne, par la voix de son Premier ministre Pedro Sánchez, va plus loin en l’accusant de «génocide» et en interdisant tout transit d’armes sur son territoire.
Même aux États-Unis, pourtant alliés indéfectibles de l’entité, la lassitude gagne. Le président Donald Trump, tout en soutenant l’objectif d’éliminer le Hamas, pousse à un cessez-le-feu et promet un accord «très bientôt». Mais toutes les médiations se heurtent à un mur d’intransigeance.
Doha frappée : un tournant diplomatique majeur
L’escalade a pris un tournant spectaculaire avec la frappe contre le bureau politique du Hamas à Doha, au Qatar. Une première historique: jamais l’entité sioniste n’avait bombardé en plein cœur d’un allié stratégique de Washington.
Selon Tel-Aviv, la cible visée incluait Khalil al-Hayya, chef négociateur du Hamas, et Zaher Jabarin, haut responsable du bureau politique. Tous deux ont survécu, mais l’attaque a fait six morts, dont des membres de la sécurité qatarie, et plusieurs blessés. Des explosions ont secoué le quartier huppé de West Bay, symbole de prospérité et de stabilité dans la capitale qatarie.
Le Qatar a dénoncé une «attaque lâche» et une «violation flagrante de sa souveraineté». L’émir Tamim ben Hamad al-Thani a accusé l’agresseur d’adopter des «politiques agressives qui menacent la stabilité régionale».
La Maison-Blanche, fait rare, a critiqué l’entité en déclarant : «Bombarder unilatéralement un allié qui prend des risques pour la paix ne sert ni l’entité ni l’Amérique.»
L’ONU, la France, la Turquie, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont exprimé la même indignation. Même Londres, allié historique de l’occupant agresseur, a jugé l’opération «inacceptable».
Cette frappe n’est pas seulement une agression contre Ghaza, mais un message glaçant adressé à tous les médiateurs : nul n’est à l’abri de la fureur sioniste.
Une guerre qui déborde
Après avoir attaqué en Iran, au Liban, au Yémen et en Syrie, le sionisme ouvre désormais un front diplomatique en ciblant le Qatar. La région entière est sous tension. Le pétrole a déjà réagi : les cours du Brent ont grimpé de 0,9% après l’attaque. Les chancelleries craignent un embrasement généralisé, où Ghaza ne serait plus qu’une étincelle parmi d’autres foyers de guerre.
Ce qui se joue aujourd’hui dépasse Ghaza. C’est la survie d’un peuple, mais aussi la crédibilité du droit international.
Chaque enfant palestinien tué, chaque camp de réfugiés bombardé, chaque capitale arabe bafouée par des frappes illégales creuse le fossé entre l’Occident et le reste du monde.
L’entité génocidaire, en croyant imposer sa force, sème les germes de son isolement. Car Ghaza, malgré les bombes, ne disparaît pas : elle résiste. Et son cri traverse les murs, les frontières, et l’histoire.
S.M.
