Face aux tentatives répétées du Makhzen de réécrire l’histoire des frontières algéro-marocaines, le diplomate rappelle une évidence : les frontières ne se redessinent ni à coups d’articles de presse ni à partir d’interprétations opportunistes d’ouvrages anciens.
Le régime marocain continue de déployer une série de manœuvres et de subterfuges pour tenter d’accréditer sa thèse sur une prétendue souveraineté marocaine sur des territoires connus et reconnus comme étant algériens. À rebours du droit international et des accords bilatéraux enregistrés au registre des traités des Nations unies, qui fixent officiellement la frontière, le Makhzen, à travers ses relais médiatiques, continue de s’accrocher à tout ce qui pourrait, vainement, accréditer sa thèse.
La dernière trouvaille marocaine n’est autre qu’un livre publié en 1866 par un journaliste français.
Une manipulation primaire
Dans un article publié par un journal acquis au Makhzen, cet ouvrage est présenté comme une preuve irréfutable du récit marocain. Mais un ouvrage journalistique publié en 1866 ne saurait se substituer aux actes diplomatiques qui ont précisément réglé la question frontalière, comme l’explique Amar Belani, ancien ambassadeur d’Algérie à Bruxelles.
Dans une tribune publiée sur sa page Facebook, l’ancien diplomate algérien indique que l’article en question «repose sur une lecture délibérément tendancieuse et manipulatrice». Il ajoute que «cet outil ne se contente pas d’une lecture biaisée de ce livre, il détourne délibérément son texte pour construire une thèse dénaturée que les traités, conventions et documents historiques de l’époque démentent».
Pour Amar Belani, le raisonnement de la propagande marocaine procède ainsi d’une manipulation révélatrice d’un révisionnisme sot et primaire, qui consiste à extraire quelques passages d’un ouvrage de 1866 pour leur faire dire ce que les instruments diplomatiques ne disent pas.
Assénant une vérité implacable, Amar Belani affirme que «l’histoire des frontières algéro-marocaines ne se réécrit pas à partir d’un article de presse. Elle se vérifie dans les traités, les conventions, les cartes et les archives contemporaines».
Rattrapés par les traités
L’ancien ambassadeur d’Algérie indique, à ce titre, que le traité de Tanger du 10 septembre 1844 fournit un élément décisif. Son article 5 stipule que «la délimitation des frontières entre les possessions de Sa Majesté l’Empereur des Français et celles de Sa Majesté l’Empereur du Maroc reste fixée et convenue conformément à l’état des choses reconnu par le gouvernement marocain à l’époque de la domination des Turcs en Algérie».
Partant de là, Amar Belani souligne que «la frontière franco-marocaine devait donc être déterminée sur la base de la situation territoriale reconnue sous la présence ottomane. Elle n’était nullement une création arbitraire de la France après 1830, contrairement à ce que martèlent à tue-tête les prétendus historiens marocains et leurs relais numériques malveillants».
La convention de Lalla-Maghnia du 18 mars 1845 donna ensuite une traduction concrète à ce principe, précise Amar Belani. Il affirme que «les négociateurs ne partirent donc pas d’un territoire algérien réduit à une étroite bande côtière, comme le laisse entendre pitoyablement l’outil d’intox du Makhzen».
Il souligne que les négociateurs «cherchèrent à identifier la limite antérieure entre le Maroc et la Régence d’Alger, puis à la matérialiser», ajoutant que «les difficultés rencontrées dans certaines zones sahariennes attestent des problèmes de délimitation, pas de l’inexistence d’une frontière».
L’incohérence marocaine
Le régime marocain tente, par tous les moyens, d’imposer son récit sur la «marocanité» de territoires algériens. Mais il se heurte à une réalité implacable : celle des traités et des conventions.
Tout comme la frontière entre le Maroc et le Sahara occidental, territoire non autonome, apparaît clairement dans la cartographie officielle des Nations unies, la nouvelle carte du monde adoptée le 4 septembre 2026 confirme cette distinction.
Amar Belani relève, à ce propos, l’incohérence du royaume du Maroc, qui a pourtant «voté en faveur de la résolution de l’Assemblée générale — un oui franc et massif — sans même la moindre explication de vote de la part de l’inénarrable représentant permanent du royaume à New York».
S. Smati
