Devant la Ligue arabe, Ahmed Attaf a défendu une vision fondée sur la solidarité, la souveraineté et le dialogue, tout en réaffirmant que la cause palestinienne reste une priorité centrale de la diplomatie algérienne.
Dans un contexte régional marqué par la multiplication des foyers de tension et l’accélération des recompositions géopolitiques, l’Algérie a réaffirmé, par la voix de son ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, sa ligne diplomatique fondée sur la défense des causes justes, la souveraineté des États et le règlement politique des crises.
Participant, hier, au Caire, aux travaux de la 166e session ordinaire du Conseil de la Ligue des États arabes au niveau ministériel, Ahmed Attaf a porté un message qui dépasse le cadre de la réunion : face aux bouleversements qui traversent le monde arabe, la réponse ne peut être que collective, coordonnée et fondée sur le dialogue.
Présidée par la Tunisie, la session a été dominée par les principaux dossiers qui préoccupent l’espace arabe, notamment les derniers développements de la question palestinienne, l’escalade militaire dans la région du Golfe et les situations de crise qui persistent dans plusieurs pays arabes.
Au-delà des résolutions adoptées, l’enjeu réside désormais dans la capacité de l’action arabe commune à transformer les positions politiques en initiatives concrètes. C’est précisément sur ce terrain que l’Algérie entend renforcer son plaidoyer.
La Palestine, une ligne rouge diplomatique
Dans son intervention, Ahmed Attaf a réaffirmé avec force la position constante de l’Algérie en faveur du peuple palestinien et de ses droits légitimes et inaliénables.
Alger demeure attachée au droit du peuple palestinien àétablir son État indépendant et souverain sur la base de ses frontières reconnues, avec Al-Qods Al-Charif pour capitale.
Cette position constitue l’un des axes constants de la diplomatie algérienne. Dans un environnement régional où les équilibres sont profondément bouleversés, Alger entend maintenir la question palestinienne au cœur de l’agenda arabe et rappeler que toute perspective de paix durable passe nécessairement par la reconnaissance des droits nationaux du peuple palestinien.
Privilégier la politique à l’escalade
Sur les autres dossiers régionaux, le message algérien se veut tout aussi clair : les crises arabes ne peuvent être durablement résolues par l’escalade militaire ou par des solutions imposées de l’extérieur.
Ahmed Attaf a ainsi réaffirmé la solidarité pleine et entière de l’Algérie avec les États arabes victimes d’agressions et appeléà une approche globale s’attaquant aux causes profondes des crises.
Le dialogue et les solutions politiques doivent, selon cette approche, retrouver leur place centrale. L’objectif est de rétablir la sécurité et la stabilité tout en préservant la souveraineté des États, leur unité et leur intégrité territoriale.
Cette vision traduit une constante de la diplomatie algérienne : prévenir l’extension des conflits, favoriser les mécanismes de règlement pacifique et préserver les équilibres régionaux plutôt que laisser s’installer une logique d’escalade permanente.
La Ligue arabe face au défi de l’efficacité
Au-delà des positions de principe, l’intervention d’Ahmed Attaf met également en lumière une question essentielle : celle de l’efficacité de l’action arabe commune.
L’Algérie soutient le processus de réforme de la Ligue des États arabes et appelle à renforcer ses mécanismes de travail. Pour Alger, l’organisation panarabe doit être en mesure de répondre avec davantage de cohérence et de célérité aux crises qui frappent la région.
L’enjeu est de taille. Alors que les crises se multiplient et que les rapports de force régionaux évoluent rapidement, la solidarité arabe ne peut rester au stade des déclarations politiques. Elle doit se traduire par une capacité accrue de concertation, de coordination et d’action.
Un appel au sursaut collectif
Le message porté par Ahmed Attaf au Caire s’inscrit ainsi dans une vision plus large de l’avenir de l’action arabe commune. Pour l’Algérie, la fragmentation du monde arabe ne peut constituer une réponse aux défis actuels.
La défense de la cause palestinienne, la préservation de la souveraineté des États, le règlement politique des crises et la consolidation de la solidarité arabe apparaissent, dans cette perspective, comme les principaux piliers d’une réponse collective aux bouleversements régionaux.
De ce fait, au Caire, Alger a réaffirmé une ligne diplomatique claire : privilégier le dialogue à la confrontation, la souveraineté à l’ingérence et l’action collective à la dispersion des efforts. Reste désormais à transformer ces principes en une dynamique arabe capable de peser davantage sur les évolutions d’une région en profonde mutation.
Smail Rouha
