Une semaine après la clôture officielle de la session de formation 2024/2025, la préparation de la « rentrée d’octobre »est, déjà, entamée dans le secteur de la Formation et de l’Enseignement professionnels. Le ministre, Yacine El Mahdi Oualid, a exposé dans un long communiqué, diffusé jeudi, les grands axes de la réforme qu’il entend mettre en œuvre. L’idée générale consiste à « adapter » les offres de formation aux besoins d’une économie nationale en pleine mutation Il s’agit aussi, pour le ministre, d’anticiper les « bouleversements » induits par « la numérisation et l’intelligence artificielle » sur les métiers et les exigences du marché de l’emploi. Déclinée en une vingtaine de « directives » à l’attention des responsables du secteur, notamment des directions de wilaya de la formation professionnelle, cette réforme repose d’abord sur une logique d’adaptation territoriale. Le ministre insiste ainsi sur la nécessité de « tenir compte des spécificités du tissu industriel de chaque région » dans l’élaboration et la répartition des offres de formation. Ainsi, le ministère souhaite que « 70 % des offres » soient concentrés sur les « spécialités prioritaires » pour l’économie nationale. Dans le détail, il est demandé que « 55 % des formations dispensées » l’année prochaine soient axées sur les métiers liés au secteur industriel, « afin de répondre à la forte demande » enregistrée dans plusieurs domaines. Parmi les secteurs ciblés : « l’industrie du montage automobile, l’agroalimentaire, la production de médicaments », mais aussi la « pétrochimie et la sidérurgie».
Le BTP, un secteur porteur
Les métiers liés au secteur de la construction sont également classés comme « prioritaires ». Le ministre souhaite que 35 % des futurs apprenants soient orientés vers des formations « répondant à la demande de main-d’œuvre spécialisée » dans ce domaine. Selon Yacine El Mahdi Oualid, le BTP demeurera un secteur porteur au cours des prochaines années indiquant que « d’importants chantiers ont été lancés, notamment dans les voies ferrées, le programme de 1,5 million de logements, les routes et les infrastructures de base ». En termes de capacités, le ministère fixe plusieurs objectifs chiffrés, dont celui de fournir « 35 000 places de formation par an » dans les métiers de l’agriculture. Autre objectif notable : « la formation, sur les cinq prochaines années, de 5 000 spécialistes dans le montage et l’entretien des panneaux solaires », et plus largement dans le domaine des énergies renouvelables.
Parallèlement au renforcement des formations industrielles, le ministère prévoit aussi la « réduction progressive, à 30 %, des offres de formation liées aux emplois administratifs et de gestion », par rapport à l’année précédente. Les ressources humaines et matérielles dédiées à ces cursus seront « réaffectées aux secteurs stratégiques », précise encore le communiqué.
La transformation économique
Le cœur de la réforme engagée est de « soutenir la croissance de l’économie » en la dotant d’une main-d’œuvre qualifiée. Ce défi majeur, souligne le ministre, réside néanmoins dans la nécessité « d’anticiper » les transformations induites par la numérisation et les technologies émergentes. Ainsi, la maîtrise du numérique et des outils informatiques devra être « intégrée comme un élément central dans tous les programmes de formation ». Cette directive s’appuie notamment sur les conclusions du Forum économique mondial, selon lesquelles la montée en puissance du numérique et de l’intelligence artificielle « devrait remodeler 23 % des emplois d’ici 2027 », nécessitant la reconversion de plus d’un milliard de travailleurs à l’échelle mondiale. Une démarche, selon le ministre, à même de la formation professionnelle un levier efficace au service de l’économie nationale. Les chiffres sont déjà encourageants : « 68 % des diplômés de la formation professionnelle trouvent un emploi dans les six mois suivant l’obtention de leur diplôme ». Toutefois, plusieurs « directives » visent à améliorer encore l’organisation du secteur. Dans cette optique, le ministre appelle à la mise en place de mesures pour la promotion de l’entrepreneuriat, le développement de l’apprentissage à distance, ainsi que l’élargissement des possibilités d’inscription.
Dès la rentrée d’octobre 2025, « les candidats ayant terminé la deuxième ou la troisième année de l’enseignement secondaire seront autorisés à s’inscrire dans n’importe quelle spécialité disponible, indépendamment de leur parcours au lycée », a annoncé le ministre.
Nadir K.