La Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC) a accordé à la République de Djibouti une facilité de financement souverain de 35 millions de dollars destinés à renforcer le secteur du soutage maritime.
Cette opération s’inscrit dans un partenariat de long terme visant à faire de Djibouti un pôle logistique et énergétique incontournable de la Corne de l’Afrique et des routes maritimes régionales.
La Société internationale islamique de financement du commerce, membre du Groupe de la Banque islamique de développement, a signé le 5 février 2026, à Djeddah un accord de financement souverain de 35 millions de dollars américains avec la République de Djibouti. L’accord a été paraphé par le directeur général de l’ITFC, AdeebYousuf Al-Aama, et le ministre djiboutien de l’Économie et des Finances, Ilyas Moussa Dawaleh.
Ce mécanisme vise à soutenir le développement du secteur du soutage maritime, pilier stratégique de l’économie portuaire djiboutienne, dans un contexte de forte intensification du trafic maritime en mer Rouge et dans le golfe d’Aden. Il ambitionne de renforcer la compétitivité du port de Djibouti en tant que plateforme intégrée de services aux navires, capable de répondre aux standards internationaux en matière d’approvisionnement, de fluidité logistique et de sécurité énergétique.
La mise en œuvre du financement sera assurée par RedSeaBunkering (RSB). Les fonds permettront l’acquisition de produits pétroliers raffinés, l’augmentation des capacités opérationnelles de soutage et la diversification des recettes portuaires. À travers ce levier, Djibouti entend consolider sa position de carrefour logistique majeur entre l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie, tout en renforçant sa résilience économique.
Cette facilité s’inscrit dans le cadre de l’accord-cadre triennal de 600 millions de dollars, signé en mai 2023 entre l’ITFC et Djibouti, illustrant la profondeur d’un partenariat engagé depuis 2008. À ce jour, près de 1,8 milliard de dollars de financements ont été approuvés par l’ITFC en faveur du pays, principalement dans les secteurs de l’énergie et du commerce.
Au-delà de l’enjeu national, l’opération répond à une logique régionale et multilatérale. Les produits pétroliers financés devraient provenir majoritairement d’autres États membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), contribuant ainsi à la promotion du commerce intra-OCI, axe central du mandat de l’ITFC.
Par ce nouvel engagement financier, Djibouti confirme sa stratégie de capitaliser sur sa position géostratégique pour s’imposer comme pôle maritime, énergétique et commercial structurant, à l’heure où les équilibres des routes maritimes mondiales et des chaînes logistiques régionales connaissent de profondes recompositions.
Rédaction de Crésus
