Les participants à l’AGIS ont mis en lumière une thématique essentielle pour l’avenir économique du continent : la finance durable, perçue comme un levier stratégique de transformation économique, sociale et environnementale.
Les panélistes ont analysé les défis et les opportunités liés à l’intégration des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans le système financier africain. «La finance durable pourrait représenter un levier essentiel pour concilier croissance économique, équité sociale et protection de l’environnement», a déclaré Ali Harbi. Plusieurs intervenants ont souligné l’absence d’un cadre législatif structuré autour de la finance durable, freinant ainsi son développement. «Certaines banques africaines ne bénéficient pas encore de lignes directrices précises pour intégrer les critères ESG dans le financement des projets», a précisé Aslan Berdjeb, président de Conect Tunisie.
Malgré cela, le potentiel est énorme, notamment dans le secteur boursier, qui pourrait devenir un canal majeur pour les investissements verts. Encore faut-il, selon les experts, disposer d’institutions capables d’évaluer, d’auditer et de certifier les projets dits «verts». Un économiste a plaidé pour la création d’un fonds d’investissement dédié à la finance verte. Il a aussi évoqué la nécessité pour l’Algérie de s’inspirer des standards internationaux pour lancer ses propres obligations vertes : «L’Association mondiale des marchés financiers a défini des principes clairs pour les obligations vertes.
L’Afrique peut les adapter à sa réalité.» Avec un objectif ambitieux de 22 000 MW de production d’énergies renouvelables d’ici 2030, l’Algérie devrait inévitablement recourir à des instruments financiers innovants pour financer sa transition énergétique.
I.K.
