Alors que le stress dû à l’attente des résultats du Bac est au plus haut, la «multiplication» ces derniers jours des fausses informations et rumeurs sur de prétendues dates de publication des moyennes a forcé le ministère de l’Éducation à réagir et mettre en garde contre ce phénomène destiné surtout à «créer du contenu», sur les réseaux sociaux.
Dans un communiqué rendu public jeudi dernier, le ministère a d’abord tenu d’abord à souligner que la diffusion de fausses dates de publication des résultats est une «pratique déplorable», une «exploitation» de l’attente des candidats sans le moindre égard pour eux. Ainsi, Sadaoui «constate et dénonce» la circulation sur les réseaux sociaux de «dates fictives d’annonce des résultats», voire carrément de «taux de réussite inexacts» ou de listes de «noms de lauréats dénuées de toute vérité». Le ministère, en rappelant qu’ «aucune information officielle n’a, pour le moment, été annoncée», ajoute qu’il «se réserve le droit d’engager les poursuites judicaires». D’autant que la «diffusion ou la promotion de fausses informations » porte en effet atteinte à «l’intérêt général et à la réputation du secteur de l’Éducation nationale». La mise en garde du secteur s’adresse aussi aux travailleurs de l’éducation qui pourraient être impliqués dans la diffusion d’informations confidentielles. À ce propos, le ministère souligne dans son communiqué que toute personne exerçant des fonctions au sein des centres de correction est tenue au «devoir de réserve». L’ensemble du personnel de l’Education doit «s’abstenir de toute diffusion ou publication d’images ou d’informations recueillies au sein de ces centres via les réseaux sociaux ou autres», souligne le ministère. Un comportement qui serait passible de poursuites «conformément aux textes réglementaires en vigueur», met-il en garde.
Quant à la date réelle de publication des résultats, attendue avec anxiété par les 878 857 candidats et leurs parents, seul le ministère pourra l’annoncer. «Toute déclaration concernant les résultats, les taux de réussite ou les listes des lauréats relève exclusivement de la compétence du ministre de l’Éducation nationale, conformément aux règles et normes en vigueur», est-il précisé. Le ministère a appelé les élèves, et leurs parents, à «faire preuve de vigilance, à ne pas succomber à ces fausses informations qui créent une confusion injustifiée et accentuent l’état de stress psychologique». Le ministère qui a également appelé tout un chacun, individus et institutions, à «contribuer à l’ancrage de la culture de l’information fiable et à la défense de la crédibilité de l’école algérienne, au service de nos élèves et de leurs parents, et dans le respect des efforts colossaux consentis par tous les acteurs pour assurer la réussite de ces étapes importantes», a rappelé qu’il met à disposition plusieurs canaux de communication officiels. Le site internet du ministère (www.education.gov.dz) mais aussi ses pages «certifiées» sur les différents réseaux sociaux.
Des «correctifs» pour la prochaine rentrée
Sur un autre plan, le ministère de l’Éducation a également publié, jeudi, les premières conclusions de la «Conférence nationale des directeurs de l’Education». La rencontre, tenue les 2 et 3 juillet, a été l’occasion d’une «évaluation globale (…) pédagogique, organisationnelle et administrative» de l’année écoulée, mais surtout d’une discussion approfondie sur la «stratégie nationale» à mettre en place dès la prochaine rentrée. Très concrètement, il s’agira pour le secteur de «combler les lacunes et réunir les meilleures conditions pour la prochaine rentrée scolaire».
Ainsi, il est annoncé que «cinq ateliers» de travail seront organisés d’ici à la prochaine rentrée scolaire, afin de parvenir à une meilleure organisation du secteur. Plusieurs thématiques liées à la pédagogie devraient être abordées, dont «la scolarisation et l’évaluation pédagogique», «la révision de l’organisation des examens scolaires» ou encore «la modernisation des mécanismes d’orientation scolaire». Par ailleurs, le secteur promet également de discuter des problématiques d’organisation, et notamment les solutions à envisager «pour traiter la question de la surcharge des classes dans les zones concernées», ou encore la poursuite de «l’équipement des écoles primaires avec des tablettes électroniques» et l’inscription de «la transformation numérique comme un choix stratégique irréversible».
Et sur le plan de la gestion du personnel du secteur, la «Conférence nationale» organisée par le ministère a également réaffirmé la «nécessité» et l’engagement du secteur pour «l’intégration des 82 410 enseignants contractuels en poste au 23 mars 2025», conformément aux dispositions du décret exécutif 25-152.
Nadir K.
