L’organisation a exhorté les médias à faire preuve de rigueur
Les prix du pétrole ont enregistré vendredi leur plus forte baisse hebdomadaire depuis la fin juin. Cette baisse montre que les craintes d’excédents sont de retour. Les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie montrent que l’offre mondiale de pétrole devrait dépasser la demande mondiale en 2025 et 2026. La principale crainte du marché est celle d’une forte hausse des quotas de huit membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+), qui se réunissent, aujourd’hui, pour décider de leur production du mois de novembre. Selon l’agence Reuters qui cite quatre personnes au courant des discussions de l’Opep+, huit pays de l’Opep+ devraient encore augmenter leur production de pétrole, l’Arabie saoudite préconisant une forte augmentation pour regagner des parts de marché et la Russie suggérant une hausse plus modeste.
Selon les sources de Reuters, Moscou préférerait que le groupe augmente sa production de 137 000 barils par jour à partir de novembre, soit la même augmentation qu’en octobre, pour éviter de mettre les prix du pétrole sous pression et parce qu’il aurait du mal à augmenter sa production en raison des sanctions. De son côté, l’Arabie saoudite préférerait voir ce chiffre doubler, tripler ou même quadrupler – 274 000 b/j, 411 000 b/j ou 548 000 b/j respectivement, car elle a la capacité d’augmenter rapidement sa production et souhaite accroître sa part de marché, ont indiqué des sources. Cette perspective, jugée défavorable au cours du pétrole, a rapidement alimenté la volatilité des marchés. Une offre potentiellement plus élevée de l’Opep+ et un ralentissement de la production mondiale de brut en raison de la maintenance et d’une baisse saisonnière de la demande dans les mois à venir devraient peser sur le marché, ont déclaré les analystes. «Les indicateurs de demande ont légèrement baissé dans le bassin atlantique, la demande estivale touchant à sa fin. L’équilibre implicite, excédentaire du point de vue des fondamentaux depuis octobre, gagne du terrain», a déclaré Janiv Shah, analyste chez Rystad Energy. Mais le soulagement est venu d’un démenti ferme de l’Opep, qui a rejeté toute annonce prématurée avant sa prochaine réunion prévue aujourd’hui.
Démenti de l’Opep
Des allégations que rejette fermement l’Opep. «Le Secrétariat de l’Opep rejette fermement les récents rapports des médias alléguant que les pays du groupe des huit prévoient d’augmenter la production de 500.000 barils par jour. Ces affirmations sont totalement inexactes et trompeuses», a publié l’Opep mardi via son compte X, face à des rumeurs de presse publiées plus tôt dans la journée. L’organisation a exhorté les médias à faire preuve de rigueur afin de ne pas générer de spéculation inutile sur les marchés pétroliers.
S’adapter au marché
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+) qui a longtemps lutté contre l’érosion des prix en organisant une raréfaction de l’offre via plusieurs coupes de production, a opéré un tournant depuis avril en augmentant rapidement ses quotas. À leur apogée, les réductions totales de la production de l’Opep+ se sont élevées à 5,85 millions de bpj, composées de trois éléments : des réductions volontaires de 2,2 millions de bpj, de 1,65 million de bpj par huit membres et de 2 millions de bpj supplémentaires par l’ensemble du groupe. Les analystes y voient une volonté de plusieurs de ses membres de regagner des parts de marché, à commencer par l’Arabie saoudite. Les pressions internes, telles que les demandes de certains membres d’Opep+ pour un retour à des niveaux de production plus élevés, ainsi que les exigences de pays consommateurs comme les Etats-Unis, ont également influencé la décision.
Le président américain a notamment exprimé à plusieurs reprises son souhait de voir les prix du pétrole diminuer pour atténuer les effets inflationnistes dans son pays.
Saïd S.
