À l’approche des élections législatives du 2 juillet, la course aux candidatures s’intensifie. Mais derrière cette dynamique, une inquiétude majeure s’installe : le risque d’exclusion de candidats au titre de l’article 200 de la loi électorale.
Dans ce contexte, les partis politiques avancent avec prudence. L’enjeu est de taille : éviter toute invalidation des listes à un stade avancé du processus. Résultat, la sélection se durcit. Les formations privilégient désormais des profils jugés irréprochables, alliant compétence, intégrité morale et ancrage politique.
Le Front de libération nationale (FLN) a ouvert, du 21 au 23 avril, la phase d’examen des dossiers. Une étape organisée au niveau local et de wilaya, avant une validation finale au sommet. Pour la première fois, le parti adopte un dispositif de sélection à plusieurs niveaux, soit local, régional et central, encadré par des commissions chargées d’un tri rigoureux des candidatures.
Une fois cette phase achevée, les listes seront centralisées puis arbitrées avant leur dépôt auprès de l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie).
En interne, le FLN impose des critères stricts : représentation accrue des jeunes et des femmes, niveau d’instruction requis, équilibre territorial et, surtout, exigence d’intégrité. Toute suspicion liée à l’argent sale constitue un motif d’exclusion.
Même ligne de conduite au Rassemblement national démocratique (RND), qui mise sur un renouvellement de ses élites. Le parti appelle notamment les jeunes de moins de 40 ans, dotés d’une crédibilité sur le terrain, à se porter candidats. Les dossiers seront, là aussi, examinés minutieusement au niveau central.
Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) n’est pas en reste. Il affirme maintenir un cap fondé sur la compétence et la représentativité politique.
La plupart des formations ont fixé la fin du mois comme échéance pour le dépôt des candidatures, avant leur transmission à l’Anie, chargée de vérifier leur conformité aux exigences légales, notamment en matière de probité.
Le parcours du combattant
Pour les prétendants à un siège de député, le chemin s’annonce semé d’embûches. Le processus de sélection, souvent qualifié de tamis, impose plusieurs filtres successifs.
Pour accéder à un siège de député, tout candidat doit, en effet, passer par cinq niveaux de filtrage.
Au niveau de la wilaya, les dossiers sont examinés par les commissions locales de candidature, qu’il s’agisse de partis politiques ou de candidats indépendants. Cette étape permet de retenir une ou plusieurs listes.
Au niveau national, pour les partis politiques, les listes issues des wilayas font l’objet d’une nouvelle évaluation. Elles sont examinées soit par la commission nationale, soit par le secrétaire général du parti, selon l’organisation interne.
Vient ensuite le contrôle de l’Anie, en deux temps : vérification de la conformité légale (signatures, quotas, âge…) puis examen administratif des dossiers.
Les listes validées sont ensuite soumises au verdict des urnes.
Dernier palier : la Cour constitutionnelle, qui tranche les recours éventuels et proclame les résultats définitifs.
Au bout de ce parcours exigeant, seuls les candidats ayant passé tous les filtres pourront siéger. Pour les autres, la course s’arrêtera bien avant la ligne d’arrivée.
Smail Rouha
