Arrêté en Espagne après plusieurs années de fuite à l’étranger, l’homme d’affaires est désormais entre les mains de la justice espagnole, qui devra se prononcer sur la recevabilité de la procédure engagée par les autorités algériennes dans des affaires liées notamment à des infractions financières présumées.
La procédure d’extradition d’Ayoub Aissiou entre dans une phase décisive après son arrestation, le 25 juillet 2026, à l’aéroport de Barcelone, à la suite de la demande formulée par les autorités algériennes auprès de l’Espagne.
Selon le quotidien espagnol El Imparcial, l’homme d’affaires, recherché par la justice algérienne et établi en France depuis 2019, a été présenté le 27 juillet devant un juge d’instruction espagnol. Celui-ci a ordonné son placement en détention provisoire pour une durée maximale de quarante jours, dans l’attente de l’examen de la demande d’extradition transmise par Alger.
Cette étape constitue une avancée dans la procédure engagée par les autorités algériennes, qui souhaitent obtenir le retour d’Ayoub Aissiou afin qu’il réponde devant la justice des faits qui lui sont reprochés dans plusieurs dossiers judiciaires.
Une demande fondée sur des décisions judiciaires algériennes
La requête d’extradition algérienne repose sur un mandat d’arrêt délivré le 9 avril 2026 par le juge d’instruction de la sixième chambre pénale économique et financière du tribunal d’Alger. Elle a été officiellement transmise aux autorités espagnoles le 3 juin 2026 par voie diplomatique.
Le 29 juin 2026, le Conseil des ministres espagnol a validé la poursuite de la procédure judiciaire, après examen de la recevabilité administrative de la demande. Le dossier a ensuite été transmis à l’Audiencia Nacional, juridiction espagnole compétente pour examiner les demandes d’extradition.
Les magistrats espagnols devront désormais apprécier les conditions juridiques de la demande, notamment l’existence d’une double incrimination des faits, les garanties judiciaires et les arguments présentés par la défense.
Des poursuites liées à des affaires financières
Dans sa demande, l’Algérie reproche à Ayoub Aissiou des faits présumés de complicité de faux en écriture publique, d’usage de faux et de blanchiment de capitaux en bande organisée.
Les autorités algériennes affirment que ces faits seraient liés à l’utilisation de documents et de procurations notariales falsifiés ayant permis des opérations sur des biens immobiliers ainsi que des transferts financiers à l’étranger.
La justice algérienne a également prononcé plusieurs condamnations à son encontre, dont une peine de 20 ans de prison, assortie d’amendes, d’obligations d’indemnisation et de mesures de saisie de biens. Des mandats d’arrêt internationaux ont été émis dans le cadre de ces procédures.
La défense invoque le principe de non-refoulement
De son côté, Ayoub Aissiou conteste les accusations portées contre lui. Sa défense invoque son statut de demandeur d’asile en France depuis 2019 ainsi que le principe international de non-refoulement.
Selon des proches cités par El Imparcial, il aurait quitté la France après avoir été informé que sa sécurité ne pouvait plus être garantie sur le territoire français. Il aurait ensuite rejoint des membres de sa famille installés à Miami Platja, dans la province de Tarragone.
Ces arguments devront être examinés par la justice espagnole, qui devra déterminer si les conditions légales d’une extradition vers l’Algérie sont réunies.
Une décision attendue par Alger
Si l’Audiencia Nacional rend un avis favorable à l’extradition, la décision finale reviendra au gouvernement espagnol, qui devra se prononcer sur l’exécution de la remise aux autorités algériennes.
Pour Alger, cette procédure s’inscrit dans le cadre de la coopération judiciaire internationale et de la lutte contre les infractions économiques et financières. La décision espagnole sera donc suivie avec attention par les autorités judiciaires algériennes, qui cherchent à faire appliquer les décisions rendues par leurs juridictions et à récupérer les avoirs issus des affaires traitées par la justice.
H. Adryen
