L’entrée en vigueur des nouvelles dispositions met sous pression le marché des équipements automobiles.
Le député à l’Assemblée populaire nationale (APN), Bachir Brahimi, du Mouvement de la société pour la paix (MSP), a interpellé le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, au sujet des amendes infligées aux automobilistes ne disposant pas d’un extincteur à bord de leur véhicule.
Dans une correspondance adressée au ministre, le parlementaire fait état de difficultés d’approvisionnement en extincteurs sur le marché, estimant que cette situation complique, pour certains automobilistes, l’acquisition de cet équipement et leur mise en conformité avec les nouvelles dispositions du Code de la route.
Bachir Brahimi demande ainsi le report temporaire de l’application des amendes, jusqu’à la disponibilité, en quantités suffisantes, d’extincteurs répondant aux normes requises. Cette mesure permettrait, selon lui, aux automobilistes de s’équiper progressivement et de se conformer aux obligations réglementaires.
Une demande en forte hausse
La demande en extincteurs automobiles a enregistré une hausse ces dernières semaines, dans le sillage de l’entrée en vigueur des modifications apportées au Code de la route. Les équipements concernés comprennent notamment l’extincteur, le triangle de signalisation d’urgence et le gilet rétroréfléchissant.
Le défaut de ces équipements constitue une infraction de deuxième degré et est passible d’une amende forfaitaire de 4 000 DA, conformément aux dispositions citées du Code de la route, notamment l’article 121 (b-7).
Cette nouvelle obligation a entraîné une augmentation de la demande, de nombreux automobilistes cherchant à mettre leurs véhicules en conformité.
Des tensions sur l’approvisionnement
Dans les commerces spécialisés dans les accessoires automobiles, des vendeurs font état d’une demande particulièrement soutenue pour les extincteurs au cours des dernières semaines.
Selon des témoignages de professionnels rapportés par des médias nationaux, certains points de vente auraient connu des ruptures de stock pendant près de deux mois, avant l’arrivée récente de quantités limitées.
Les mêmes professionnels font également état d’une hausse des prix. Des extincteurs de deux kilogrammes, qui étaient proposés autour de 1 500 dinars l’année dernière, selon leurs déclarations, seraient aujourd’hui vendus à des prix nettement plus élevés lorsqu’ils sont disponibles.
Un vendeur affirme notamment avoir récemment proposé un extincteur à plus de 7 000 DA. Il évoque également des prix dépassant les 10 000 dinars dans certains circuits de vente en gros à Bab Ezzouar.
Ces montants correspondent, toutefois, à des prix rapportés par des professionnels du secteur et peuvent varier en fonction du modèle, de la capacité, de la disponibilité et du point de vente.
Des signalements de hausse des prix
La progression rapide de la demande s’est également accompagnée de signalements de tensions sur le marché des extincteurs. Des automobilistes ont notamment fait état, sur les réseaux sociaux, de difficultés à trouver cet équipement et de prix en hausse.
Dans ce contexte, certains acteurs du secteur évoquent une situation de spéculation, qu’ils mettent notamment en relation avec le décalage entre l’augmentation de la demande et la disponibilité des produits.
Au-delà du principe de l’obligation, le débat porte ainsi sur la disponibilité effective des équipements concernés et les conditions dans lesquelles les automobilistes peuvent se les procurer.
Les équipements exigés
La page Tariki de la Gendarmerie nationale avait rappelé aux propriétaires de véhicules la nécessité de disposer des équipements de sécurité prévus par la nouvelle réglementation.
Il s’agit notamment d’un extincteur, d’un triangle de signalisation d’urgence et d’un gilet rétroréfléchissant.
À travers sa demande, le député Bachir Brahimi appelle ainsi à tenir compte des tensions actuellement signalées sur le marché et à accorder un délai supplémentaire aux automobilistes afin de leur permettre d’acquérir les équipements requis dans des conditions normales.
- Khermane
