Les produits algériens commencent doucement mais sûrement à pénétrer les marchés mondiaux. Longtemps sous-estimés, ils sont aujourd’hui convoités par nombre de pays non pas parce que les prix sont abordables et à la portée de tous mais parce que la qualité y est aussi. Sept (7) produits connaissent une envolée inédite de la demande internationale, en 2025 selon une évaluation anticipée de la première moitié de l’année, menée par l’Association nationale des exportateurs algériens (ANEXAL). Ce boom des exportations hors hydrocarbures pourrait faire franchir à l’Algérie un nouveau cap économique : dépasser les 7 milliards de dollars de ventes à l’international enregistrés en 2024 et promis par le gouvernement.
Certains acteurs économiques visent des objectifs encore plus élevés, comme le président de la CIPA, qui envisage des exportations hors hydrocarbures de 15 milliards de dollars en 2025. L’Algérie diversifie son économie, en triplant ses exportations hors hydrocarbures depuis 2017, pour atteindre 5,1 milliards de dollars en 2023, réduisant ainsi sa dépendance au pétrole et au gaz grâce à des réformes stratégiques, telles que le système communautaire portuaire algérien (APCS) et une nouvelle loi sur l’investissement qui améliorent l’efficacité commerciale et attirent les investissements étrangers, avec le soutien de la Banque mondiale. Mais qui sont ces acheteurs internationaux séduits par les produits algériens ? Selon Tarik Boulmerka, président de l’ANEXAL, sept catégories de produits se démarquent nettement en ce début d’année. Le carrelage et la céramique qui enregistrent une explosion de la demande, notamment en Tunisie et en Libye, les pneus exportées vers l’Afrique, l’Europe et l’Amérique, les équipements électroménagers, très prisés par les marchés africains, les fruits et légumes frais expédiés en grande quantité vers l’Arabie saoudite et le Qatar, les produits agroalimentaires transformés présents en Tunisie et sur plusieurs marchés subsahariens, l’huile d’olive appréciée pour sa qualité et son prix et les dattes exportées principalement vers l’Europe également. «Nous assistons à un vrai tournant dans l’histoire des exportations algériennes hors hydrocarbures.
La compétitivité-prix et la qualité du produit algérien sont désormais reconnues», explique Boulmerka. Ce succès résulte selon lui, d’une stratégie économique ciblée. Les autorités ont renforcé la présence algérienne dans les salons internationaux, de Vienne à Sfax, en passant par New Delhi et Mumbai. Elles multiplient les forums bilatéraux, notamment avec Oman et le Pakistan. Enfin, les autorités mènent une diplomatie économique active avec les ministères concernés pour élargir les débouchés à l’export. Dans la seule semaine écoulée, l’Algérie a été représentée à plusieurs événements économiques majeurs : le salon international de l’alimentation saine à Vienne, le salon international de Sfax en Tunisie, ou encore le forum d’affaires algéro-omanais qui a eu lieu aujourd’hui.
D’autres évènement sont attendus avant la fin de l’année auxquels l’Algérie prendra part à l’exemple du salon spécialisé dans les produits de la mer et les technologies d’aquaculture qui aura lieu en Inde du 1er au 3 juillet ou encore toujours en Inde, la foire stratégique sur la sécurité alimentaire, le conditionnement et les technologies de transformation et l’exposition sur l’agroalimentaire et la technologie de transformation prévue à Amman en Jordanie du 12 au 14 aout. Autre levier de croissance, le soutien logistique aux exportateurs. Depuis février 2025, l’État a réduit de 50 % les coûts du transport maritime et aérien, sans prévoir de compensation. Des réunions hebdomadaires au ministère du Commerce extérieur permettent de lever les blocages propres à chaque filière. Une nouvelle structure dédiée à l’export est en préparation. En parallèle, les professionnels appellent à l’assouplissement des procédures bancaires, notamment pour permettre l’ouverture de points de vente et de services après-vente à l’étranger, un élément clé pour fidéliser les clients internationaux et renforcer la présence algérienne sur les marchés mondiaux.
Si l’Europe a longtemps constitué l’axe principal des exportations hors hydrocarbures, l’Algérie semble aujourd’hui diversifier ses horizons. Les services du ministère du Commerce ont enregistré l’existence en Algérie de 1.900 à 2.000 exportateurs de biens et 400 exportateurs de services.
M.T.