Les concessions autorisant l’exploitation commerciale «de parties limitées» des plages, ne peut remettre en cause le caractère public de ces espaces.
C’est en substance ce qu’a rappelé, hier, Belkacem Bouzidi, directeur de l’action territoriale et urbaine au ministère le l’Intérieur précisant lors de son intervention, hier, sur les ondes de la Chaine Une de la Radio nationale dans l’émission «l’invité du matin», que l’Etat veille à l’application du principe de gratuité des plages. En effet, après des décennies d’anarchie sur les pages, des espaces publics qui étaient souvent «accaparés» de manière illégale et exploités sans la moindre autorisation, les autorités se félicitent aujourd’hui d’avoir mis de l’ordre. Belkacem Bouzidi explique, à ce propos, que «les 461 concessions accordées à des acteurs privés, suite à 37 appels d’offres ouverts, organisés au niveau de 14 wilayas côtières, devront respecter une série de règles strictes sous peine de sanction». Le responsable informe en ce sens l’ensemble des estivants qu’une concession «ne remet pas en cause» le principe de gratuité des plages. «L’accès à la plage reste libre. Le ministère a donné des instructions pour faire appliquer la loi.
Des peines sont prévues pour ceux qui voudraient s’approprier les espaces», a-t-il averti. Le même responsable rappelle que «seuls les services proposés par les exploitants des plages sont payants, et non l’espace en lui-même». Ce dernier reste un domaine public. Par ailleurs, précise-t-il, les exploitants «sont tenus d’afficher les prix appliqués, afin que les citoyens soient informés». Parmi ces services, Belkacem Bouzidi cite les parkings, la restauration rapide, les cafés, ou encore les parasols, tables et chaises de plage. S’agissant de la délimitation des zones exploitées, Belkacem Bouzidi a fait savoir que le ministère de l’Intérieur a opté cette année pour une application très stricte de la loi. Ainsi, il explique que la réglementation n’autorise pas des concessions qui dépassent 50% de l’espace. Mieux, sur le terrain, en moyenne «les concessions accordées ne dépassent pas les 15% de l’espace des plages», précise-t-il rappelant que 462 plages sont aujourd’hui ouvertes au public.
Développement du tourisme
Et du point de vue économique, les efforts de l’État pour réglementer l’exploitation des plages visent aussi au «développement du tourisme» souligne l’invité de la Radio expliquant que l’objectif «est de renforcer la qualité des services». «Nous avons lancé cette formule il y a deux ans. Nous constatons aujourd’hui que certains exploitants se spécialisent et proposent des services de grande qualité», s’est-il réjoui. Le département de l’Intérieur fait en effet en sorte que l’ouverture de nouvelles plages respecte aussi une série de critères. Le responsable évoque à ce propos les normes visant à préserver l’environnement. Les plages, explique-t-il, «sont souvent loin des centres urbains, et se situent au niveau de villages qui n’ont souvent pas la capacité d’accueillir une forte affluence». «Il faut au préalable une sécurisation des accès, en sus des raccordements au réseaux d’alimentation en eau, d’évacuation des eaux usées ou encore des accès suffisants», ajoute Bouzidi. Dans cette logique, l’invité de la Chaine Une précise que l’Etat a débloqué cette année «une enveloppe importante de plus de 7 milliards de dinars».
Celle-ci est consacrée à «l’entretien des 462 plages ouvertes (…) c’est-à-dire, à l’aménagement des accès, l’équipement, la lutte contre certains points noirs ou encore aux raccordements aux différents réseaux», détaille Bouzidi. Une seconde enveloppe de 5 milliards de dinars est débloquée par le secteur de l’intérieur «au profit des communes côtières afin de financer leurs projets d’aménagement des plages, et d’élargissement de certaines routes » a-t-il encore précisé.
Nadir K.