Confronté à une vague de manifestations populaires qui n’a pas l’air de fléchir, mettant à mal le régime du Makhzen, ce dernier craignant pour sa survie exploite la moindre parcelle pour détourner le regard et pointer du doigt encore une fois l’Algérie, accusée de vouloir tenter une agression contre ce pays.
Déjà, l’année dernière, devant le Parlement, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a mis en garde contre les plans de guerre de l’Algérie contre le Maroc. «Il existe des signes qui démontrent la volonté de l’Algérie de déclencher une guerre dans la région et une confrontation militaire avec le Maroc», a-t-il souligné, ajoutant que le régime algérien «cherche une escalade et une confrontation avec le royaume». Même les médias locaux font état d’une possible agression de l’Algérie contre l’Etat marocain. Selon ces médias, l’Etat algérien serait en passe de «prendre des dispositions légales au plan interne avant de passer à l’action».
Les médias marocains rapportent qu’une guerre éventuelle serait la réponse de l’Algérie aux «réalisations de Rabat sur la scène internationale concernant la question du Sahara», y compris la récente reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur la région. A toutes ces accusations gratuites et sans fondements, le régime marocain fait appel une fois encore à son ancienne puissance coloniale pour l’organisation de manœuvres militaires conjointes tout près des frontières algériennes. Et ce n’est pas par pur hasard que cette édition 2025 est «conçue autour d’un scénario simulant une agression contre l’intégrité territoriale du Maroc» dirigé contre l’Algérie. Les Forces armées royales (FAR) du Maroc et l’armée française ont donné avant-hier, le coup d’envoi à l’édition 2025 de l’exercice Chergui, organisé à l’Est du royaume, près de la frontière algérienne, soit tout près de Tindouf.
La France a déployé pour ces manœuvres des «éléments du 5e régiment d’hélicoptères de combat, un peloton du 1er régiment de chasseurs, une section du 1er régiment des tirailleurs et un module de commandement de la 4e brigade d’aéro-combat, qui opèrent aux côtés des unités des Forces armées royales marocaines (FAR)», indique un communiqué conjoint. Les hélicoptères français ont atterri il y a une dizaine de jours à l’aéroport de Tanger avant de se diriger vers la région de Tafilalet, choisie pour accueillir cette édition de l’exercice Chergui. Du côté marocain, les FAR ont mobilisé des chars M1A2 Abrams, ainsi que des hélicoptères Gazelle, Tigre et NH90. Ces forces sont engagées dans un environnement «particulièrement réaliste et exigeant, en raison du relief de l’Atlas, du sable et des écarts thermiques», précise la même source. L’exercice comprend plusieurs phases complémentaires. La première, dédiée au déploiement des unités, voit l’arrivée des troupes et du matériel lourd. Hélicoptères, blindés légers et véhicules logistiques sont positionnés pour établir la base d’opérations avancées.
Les équipages procèdent aux vérifications techniques et aux briefings tactiques avant le lancement des manœuvres. Vient ensuite la phase de projection et d’engagement, au cours de laquelle les forces combinées simulent des opérations d’aéro transport et d’appui-feu. Les hélicoptères de manœuvre assurent l’infiltration et l’exfiltration des sections au sol, pendant que les appareils de combat effectuent des vols de couverture et de reconnaissance. Les troupes, réparties en petits groupes, progressent en terrain découvert, effectuent des franchissements, sécurisent des points sensibles et mènent des actions coordonnées d’assaut simulé. Les entraînements au combat rapproché se succèdent dans un environnement contrôlé, où les soldats répètent les procédures d’entrée en zone urbaine et de neutralisation de cibles. L’Algérie n’a pas encore réagi au lancement de cet exercice près de ses frontières. En mars dernier, le ministère algérien des Affaires étrangères avait convoqué l’ambassadeur français à Alger, affirmant que «l’Algérie considère cet exercice comme une provocation.
Ce comportement pourrait aggraver la crise actuelle des relations algéro-françaises et accroître les tensions entre les deux pays». Mais la France persiste dans son déni ! Et continue à provoquer l’Algérie. Ces derniers mois, plusieurs incidents diplomatiques ont mis à mal les relations entre Paris et Alger. Depuis 2021, l’ambassadeur algérien en France a été rappelé trois fois.
Mahmoud Tadjer
