Dans une mise au point claire et directe, la délégation algérienne a, lors de la réunion ministérielle du Mouvement des non-alignés tenue à Kampala, souligné que la junte militaire malienne exerce le pouvoir à la suite d’un changement anticonstitutionnel, ce qui lui a valu isolement et suspension de l’Union africaine.
Du tic au tac. L’Algérie ne laisse pas passer la moindre provocation. En marge de la 19ᵉ réunion ministérielle du Mouvement des Non-Alignés, tenue à Kampala (Ouganda), la délégation algérienne a exercé son droit de réponse face aux propos offensants tenus par le ministre des Affaires étrangères du régime putschiste malien.
Selon une dépêche de l’APS (Agence de presse service), la délégation algérienne a dénoncé avec fermeté «les propos mensongers et diffamatoires émanant de l’un des porte-voix de la junte militaire qui sème la corruption et la désolation au Mali». Dans cette mise au point à l’un des porte-voix de la junte qui sévit au Mali et qui «s’est permis quelques remarques, autant désobligeantes qu’infondées, à l’égard de l’Algérie», la même source précise qu’il «aurait été peut-être plus approprié de répondre à ces remarques par le silence méprisant qu’elles méritent». D’autant que ces remarques ne sont qu’un tissu de mensonges grossiers et d’accusations gratuites, dénuées de toute crédibilité ou logique. «Il s’agit là de mensonges éhontés et de contre-vérités qui ne se donnent même pas la peine de se parer de la vraisemblance», est-il mentionné, tant les «putschistes de Bamako sèment des mensonges de plus en plus grossiers au gré de leurs déconvenues et de leurs échecs qui se multiplient et montent en cadence». Et à la délégation algérienne de rappeler à l’augustre Assemblée son droit «de connaître ce qui se passe réellement au Mali et que les putschistes s’emploient désespérément à cacher».
La stratégie du bouc-émissaire
Dans une mise au point claire et directe, Alger a mis en avant le changement anticonstitutionnel opéré par la junte malienne. «Au Mali, il y a une junte qui a commis un changement inconstitutionnel qui lui vaut sa mise au ban de l’Union africaine», précise la délégation algérienne. Et de poursuivre que «cette junte n’a qu’une obsession, celle de s’absoudre de tous ses échecs -et ces échecs ne se comptent plus- et en faire porter la responsabilité à d’autres». En somme, c’est «la bonne vieille stratégie du bouc émissaire que les putschistes de Bamako remettent au goût du jour, sans beaucoup de succès il faut bien le dire».
Une quête vorace pour le pouvoir
La délégation a également souligné que «nul en Afrique, et encore moins dans le voisinage immédiat du Mali, n’ignore la réalité : cette junte a plongé le pays dans un cycle d’instabilité, d’insécurité et de régression économique et sociale sans précédent. Sa soif de pouvoir est la source même des malheurs du peuple malien». Et de conclure qu’au Mali «il y a cela et rien que cela. Le reste n’est que manoeuvre dilatoire et acte de diversion de la part d’une junte mal-inspirée dont personne n’est dupe».
L’avertissement d’Alger
Ce n’est pas la première fois que l’Algérie dénonce les dérapages verbaux du régime malien. S’exprimant à Kampala ( Ouganda) aux travaux de la 19e Réunion ministérielle du Mouvement des Non Alignés, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a, dans l’un des discours diplomatiques les plus directs et les plus tranchants de ces dernières années adressé un avertissement sévère aux autorités maliennes. Loin d’être une simple réaction aux déclarations hostiles du ministre des Affaires étrangères du régime putschiste de Bamoko, cet avertissement se veut un message clair : «L’Algérie ne tolérera plus que son nom soit utilisé pour masquer les échecs d’un pouvoir illégitime en quête d’un ennemi extérieur».
Usant d’un ton inhabituellement ferme, armé de faits et de documents prouvant, chiffres à l’appui, la profondeur du soutien constant que l’Algérie a offert au Mali depuis son indépendance, il a rappelé que l’Algérie n’a jamais ménagé ses efforts pour aider le peuple malien aussi bien sur le plan humanitaire qu’économique et qu’elle a toujours agi avec respect et fraternité. «Nous avons nourri, soutenu et protégé le Mali dans ces moments les plus sombres», a déclaré Ahmed Attaf. «Et aujourd’hui, on nous accuse d’être la cause de ces mots. C’est non seulement injuste mais indécent».» Et de monter le ton en affirmant que «l’Algérie ne répondra pas à la haine par la haine» mais «elle ne permettra à personne de salir son honneur. Ceux qui gouvernent par la force des armes et non par la légitimité du peuple n’ont aucune leçon de souveraineté à donner». Dont’t act!
Badis B.
