Dans cette étude, l’auteur tente de comprendre les risques systémiques et les vulnérabilités structurelles des États-Unis dans un contexte mondial en mutation.
À l’horizon 2026-2030, l’économie américaine pourrait connaître des turbulences majeures. Dans son ouvrage «Dette totale et risque systémique aux États-Unis : Une approche probabiliste intégrée (2026-2030)», l’économiste Yacine Merzougui, avance, dans cette étude basée sur une modélisation probabiliste combinant données macroéconomiques, financières et géopolitiques pour évaluer trois scénarios possibles, trois scénarios. Une crise systémique (35 %) déclenchée par la dette et la polarisation politique (~15 000 milliards de dollars), instabilité financière et paralysie politique.
Une détérioration progressive (45 %) avec fragilité chronique (croissance faible, dette croissante, productivité stagnante, tensions sociales accrues) mais stabilité relative, et une résilience transformative (20 %) possible grâce à des réformes et innovations. Certes, l’objectif de l’ouvrage n’est pas de prédire l’avenir mais de structurer l’incertitude et d’analyser les interactions complexes entre économie, finance, politique et géopolitique. D’autant que les années 2026-2030, met-il en avant, sont cruciales pour les États-Unis et l’équilibre économique mondial.
Une Algérie sommée d’anticiper
Face à ces trois scénarios, les pays dépendants des marchés mondiaux doivent anticiper les événements en se préparant au pire., le cas échéant. Pour l’Algérie, cette réalité prend une dimension stratégique.
Dans ce contexte préconise l’analyste, l’Algérie devra priorisé souveraineté économique par une autosuffisance alimentaire, une maîtrise énergétique, la sécurisation des chaînes d’approvisionnement, la relance industrielle et la réduction à la dépendance extérieure. «Parier uniquement sur la stabilité mondiale ou sur la résilience américaine serait une erreur stratégique majeure», met en garde Yacine Merzougui. En somme, pour « espérer le meilleur», il faut « se préparer méthodiquement au pire pour préserver la stabilité et l’autonomie de l’Algérie dans un monde imprévisible».
C’est au prix de l’anticipation, de la lucidité et de la souveraineté économique, que l’Algérie pourra amortir les chocs à venir et préserver sa stabilité dans un monde de plus en plus imprévisible, est-il mentionné.
Des niveaux d’endettement insoutenables
L’étude proprement dite analyse les fragilités structurelles des États-Unis dans le cadre de la transformation de l’ordre économique mondial. Elle vise principalement à apprécier la probabilité ainsi que les modalités d’émergence d’une crise majeure à l’horizon 2026-2030.
Selon l’étude, en 2024, la dette totale du secteur privé américain (ménages + entreprises non financières) s’élève à environ 65000 milliards de dollars, soit 250% du PIB. Tandis que la dette publique s’élève à 36 162 Mds$ (~133 % PIB, 34,7 % de l’endettement total). Ainsi, il ressort que l’endettement privé dépasse de plus de deux fois celui de l’État fédéral.
Outre d’être déclenchée par l’effondrement du marché immobilier résidentiel (subprimecrisis), cet endettement résulte d’un surendettement massif des ménages, avance l’économiste. En conclusion, l’analyste estime que la période 2025‑2030 sera décisive pour les États-Unis et pour la stabilité économique mondiale, alors que les choix politiques et économiques détermineront la trajectoire entre crise majeure ou résilience.
Synthèse R.C.
