Le projet de loi relatif aux partis politiques, récemment présenté devant la Commission des affaires juridiques et administratives et des libertés de l’Assemblée populaire nationale (APN), continue de susciter un large débat au sein de la classe politique. Ce texte s’inscrit dans le cadre des réformes engagées pour moderniser et mieux encadrer la vie partisane en Algérie.
Selon le ministre de l’Intérieur, Said Sayoud, l’objectif de cette réforme est de « réorganiser la pratique politique sur des bases constitutionnelles, juridiques et institutionnelles renforcées », afin de faire des partis politiques un pilier essentiel dans la construction d’institutions fortes et crédibles, capables de consolider l’État de droit et de préserver la stabilité nationale.
Parmi les principales dispositions du projet figure la limitation du mandat du président de parti à deux mandats. Une mesure largement saluée par plusieurs formations politiques. Le président du Front El-Moustakbal, Fateh Boutbig, a estimé que ce texte représente une véritable opportunité pour renforcer la classe politique et consacrer davantage l’État de droit et la primauté de la loi.
Rappelant que son parti applique déjà cette règle dans son règlement intérieur, Fateh Boutbig a souligné que la valeur d’un responsable politique ne se mesure pas au nombre de mandats exercés. Il a insisté sur l’importance d’instaurer des traditions politiques solides garantissant la liberté de choix et de décision des militants au sein des partis.
Pour le président du Front El-Moustakbal, la limitation des mandats s’inscrit dans une vision constitutionnelle réformatrice visant à insuffler un renouvellement au sein des formations politiques et à renforcer leur crédibilité. Il a rappelé que ce principe est déjà en vigueur dans plusieurs institutions constitutionnelles, telles que le Parlement et la Présidence de la République, contribuant ainsi au renouvellement de l’action politique sans porter atteinte au statut des responsables.
Abordant le projet de loi relatif à la commune et à la wilaya, Fateh Boutbig a mis en avant la large concertation qui a marqué son élaboration, sous la supervision du président de la République, avec la participation de partis politiques et de divers acteurs. Il a exprimé l’espoir que ce texte soit adopté au cours de la législature actuelle afin de permettre un démarrage efficace des collectivités locales lors du prochain mandat.
Concernant les prochaines élections législatives, le président du Front El-Moustakbal a affirmé que son parti est pleinement prêt, misant sur le rapprochement avec le citoyen, l’animation politique de proximité et la présentation de propositions constructives pour encourager une participation plus large.
Une exigence constitutionnelle
De son côté, Hammou Mohamed, membre du Mouvement El-Bina El-Watani, a estimé que la révision de la loi organique sur les partis politiques répond à la fois à une exigence constitutionnelle et à une revendication portée par les formations politiques.
Il a salué l’approche participative adoptée dans l’élaboration de l’avant-projet, visant à combler les lacunes ayant freiné le pluralisme et à donner une portée réelle à l’action partisane.
Pour sa part, le Front de libération nationale (FLN) a considéré que ce nouveau cadre juridique permettra de mettre fin aux pratiques contraires à l’éthique politique, d’instaurer une concurrence loyale entre les partis et de restaurer la confiance dans l’action politique, tout en renforçant le front intérieur et la stabilité nationale.
Transparence et responsabilité
Le parti Tajamou Amal El Djazaïr (TAJ) a, quant à lui, qualifié l’adoption du projet de loi d’étape législative majeure dans le processus de réforme du système politique. Selon le parti, ce texte modernise le cadre juridique de l’activité partisane et consacre les principes de transparence et de responsabilité, contribuant ainsi à renforcer la crédibilité de la vie politique et la confiance du citoyen.
Enfin, le Front El-Moustakbal a estimé que ce projet de loi constitue une pierre angulaire dans la refonte de la scène politique nationale, ouvrant la voie à une nouvelle ère du travail partisan fondée sur l’intégrité, la transparence, la reddition de comptes et la concurrence loyale, tout en favorisant l’implication des compétences nationales et de la jeunesse.
Islam K.
