L’Algérie y siège comme membre élu depuis avril 2025, pour un mandat courant jusqu’en 2028, et avait déjà exercé cette présidence en août 2025.
L’Algérie assure, depuis hier, 1er août, la présidence tournante du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA). Pendant un mois, l’Algérie disposera donc d’une tribune continentale qui, même si elle ne confère aucun pouvoir de règlement, lui donne la main sur l’ordre du jour, sur le calendrier des consultations et le choix des dossiers que le Conseil traitera en priorité. L’Algérie aborde cette échéance dans le cadre de ses engagements continentaux et de ses efforts constants en faveur de la défense des principes et des objectifs de l’UA, notamment la promotion de la paix et de la sécurité en Afrique, le règlement pacifique des conflits, le renforcement de la solidarité et de l’action africaine commune.
Un programme d’action stratégique
Dans cette perspective, le programme d’action élaboré reflète amplement les priorités du continent africain en matière de paix et de sécurité, et répond aux différents défis sécuritaires, politiques et humanitaires auxquels il est confronté. Les travaux s’ouvriront par une séance publique consacrée à l’éducation en situation de conflit. Le Conseil tiendra ensuite deux réunions de suivi, l’une sur le Sahel, l’autre sur le Soudan du Sud. Une mission de terrain est annoncée au Soudan, où la guerre continue d’échapper aux médiations successives.
Renforcement de la coordination
Trois consultations institutionnelles doivent réunir le CPS, le Parlement panafricain, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, ainsi que la plateforme africaine de gouvernance et l’architecture africaine de paix et de sécurité (AGA-APSA). Le Conseil examinera aussi l’état d’avancement de «faire taire les armes en Afrique», l’initiative phare de l’Agenda 2063 dont l’échéance a déjà été repoussée à 2030. L’Algérie a, par ailleurs, inscrit à son programme le briefing trimestriel du groupe A3, les trois États africains siégeant au Conseil de sécurité des Nations unies. L’objectif affiché est d’accélérer la mise en œuvre des conclusions du processus d’Oran, ce séminaire de haut niveau qui prépare les A3 entrants et dont l’Algérie est l’hôte.
Dispositif d’alerte précoce
L’Algérie veut aussi faire avancer son outil continental d’évaluation des menaces et de cartographie des risques, proposé lors de sa présidence d’août 2025. Le 6 mai dernier, le CPS a demandé à la Commission de l’UA de finaliser cette matrice avant la fin de l’année, en lien avec Afripol, l’AUCTC, le Comité des services de renseignement et de sécurité africains (CISSA) et le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs. Une réunion de coordination entre ces quatre structures figure au programme du mois d’août.
Un levier pour dynamiser le CPS
L’Algérie souligne que sa présidence du CPS de l’UA constituera une nouvelle occasion de renforcer le rôle et l’efficacité de cet organe face aux multiples défis auxquels le continent est confronté, à travers l’adoption d’une approche proactive fondée sur la prévention des conflits et la mise en place d’un dispositif intégré reliant l’alerte précoce à la réponse rapide, tout en soutenant les processus de médiation et les solutions pacifiques.
L’Algérie réaffirme également son ferme attachement au principe des «solutions africaines aux problèmes africains» et au renforcement de l’action africaine commune, de manière à contribuer à la consolidation de la paix, de la sécurité et de la stabilité à travers le continent, conformément aux aspirations des peuples africains et aux objectifs de l’Agenda 2063 de l’UA.
S. Smati
