L’ambassadrice des États-Unis en Algérie a affirmé que les relations entre les deux pays connaissent un développement remarquable, touchant tous les domaines allant de la coopération diplomatique, militaire, de l’investissement et à l’énergie.
Lors d’une conférence de presse tenue au siège de l’ambassade américaine à Alger, la diplomate a déclaré que «la coopération militaire entre l’Algérie et les États-Unis remonte à longtemps», soulignant que «la signature d’un mémorandum d’entente en janvier dernier entre le commandant de l’US AFRICOM, le général Langley, et le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, le général d’armée Saïd Chanegriha, a renforcé la vision commune en faveur de la stabilité régionale».
Elle a précisé que l’interaction militaire entre les deux pays se poursuit, citant la visite du destroyer USS Sherman en Algérie, ainsi qu’un programme de sécurité aérienne entre les bases de Boufarik et de Remech. Elle a également évoqué la participation d’une délégation gouvernementale algérienne à la cérémonie d’inauguration du nouveau commandement de l’AFRICOM à Stuttgart – une première du genre – qui a permis des rencontres avec de hauts responsables, notamment le général Langley et le général Anderson.
Un dialogue continu
À une question sur la position américaine concernant la cause palestinienne et la colère qu’elle suscite chez l’opinion publique algérienne, en raison du soutien inconditionnel à l’entité sioniste, notamment dans le contexte de la guerre de famine à Ghaza, l’ambassadrice s’est contentée de dire que «les deux pays travaillent ensemble pour asseoir la paix et alléger les souffrances du peuple palestinien». Elle a souligné que «les États-Unis soutiennent tous les efforts visant à instaurer la paix et à acheminer l’aide humanitaire», remerciant l’Algérie pour son rôle dans ce domaine. Elle a ajouté qu’un dialogue franc existe entre les deux pays à ce sujet, précisant que «Washington œuvre à trouver une solution garantissant la libération des otages», la fin de ce qu’elle a qualifié de «régime du Hamas et de ses menaces contre Israël», tout en assurant la continuité de l’aide humanitaire urgente pour les Palestiniens.
À une autre question sur le plan américain pour résoudre le conflit au Sahara occidental et si Washington souhaitait mettre fin à la mission de la MINURSO, l’ambassadrice a répondu que «la région du Sahara occidental a une longue histoire de plus de cinquante ans, ce qui a eu un impact sur la vie des citoyens sahraouis», ajoutant que «les États-Unis œuvrent pour instaurer la paix et la stabilité dans la région et encouragent une avancée vers la prospérité». Elle a précisé que son pays «appelle toutes les parties au dialogue et à la négociation pour parvenir à une solution durable et acceptable pour tous».
Gaz de schiste
Sur le plan économique, l’ambassadrice a souligné que les États-Unis accordent une grande importance à leurs relations énergétiques avec l’Algérie, mettant en avant des relations «solides et durables» entre les deux pays. Elle a mentionné que «plus de cent entreprises américaines» opèrent en Algérie dans les secteurs de l’énergie, de l’agriculture, de l’industrie et divers autres domaines, précisant que la part des investissements américains représente «29%» des investissements étrangers en Algérie.
Elle a affirmé que les entreprises américaines sont «intéressées par le marché algérien», ajoutant que le gouvernement américain et les entreprises «seront là où l’Algérie souhaite qu’ils soient», afin de contribuer à la «transition énergétique» et à la «diversification économique» dans le secteur de l’énergie.
Concernant le gaz de schiste, l’ambassadrice a indiqué que le Président Abdelmadjid Tebboune a rencontré des responsables des entreprises Chevron et ExxonMobil, et que des discussions ont eu lieu avec la partie algérienne autour de l’exploration gazière. Elle a affirmé que les États-Unis accordent une grande importance à leurs relations énergétiques avec l’Algérie, exprimant l’«enthousiasme» de Washington à soutenir cette orientation. Elle a toutefois évité de fournir des détails sur les négociations en cours, se contentant de dire que les entreprises américaines proposent les meilleures solutions technologiques dans ce domaine et emploient des Algériens afin de progresser vers la prospérité économique.
Liaison aérienne directe
Concernant le transport aérien, elle a indiqué que l’établissement d’une ligne directe entre l’Algérie et les États-Unis, notamment Alger–New York, est un «projet» qui lui tient «à cœur ».
Elle a expliqué qu’il ne s’agit pas seulement de relier deux villes, mais de permettre aux deux pays d’«approfondir les échanges économiques et touristiques». Et d’émettre le vœu d’assister au premier vol entre Alger et New York, affirmant qu’il s’agit là de l’un de ses «objectifs principaux» durant sa mission en Algérie. Elle a assuré qu’elle «continuera de travailler et de faire pression» jusqu’à ce que ce projet voie le jour.
Naissance d’un premier veau américain en Algérie
Dans le cadre du partenariat, l’ambassadrice a exprimé sa joie à propos de la naissance du premier veau issu du grand projet de production laitière auquel participe la société américaine Vermont. Elle a souligné que le ministère algérien de l’Agriculture a signé en novembre dernier un certificat d’importation pour appuyer l’importation de vaches vivantes de races américaines destinées à la production de lait et de viande, en plus d’un certificat précédent concernant l’importation de matériel génétique bovin. Elle a précisé que «les premiers veaux issus de ce matériel génétique américain, importé en 2024, sont nés pendant l’Aïd el-Fitr de cette année dans la ferme Boussof, dans la wilaya de Mila», la qualifiant de «bonne nouvelle» et exprimant son espoir de «voir davantage de réussites» dans ce domaine.
R.N.
