Ceux qui ont une responsabilité, ce sont ceux qui étaient dans le Parlement et qui ont voté les lois.
Le parti des travailleurs a réuni, hier, son bureau politique pour dresser un bilan précis de la participation du parti aux élections législatives tenues le 2 juillet. Lors de la lecture du rapport préliminaire, la secrétaire générale du PT, Louisa Hanoune, a indiqué que cette réunion du bureau politique devait également s’atteler à la préparation des élections locales dont la convocation du corps électoral est normalement prévu avant la fin du mois d’août, précisant que le scrutin local est plus important en termes de logistique que les législatives. Cela exige des centaines de listes.
Une situation qui inquiète
Revenant sur les élections législatives du 2 juillet, Louisa Hanoune a souligné que le processus était complétement biaisé, notamment à cause du système électoral dans son ensemble. Elle a dénoncé des irrégularités ayant, selon elle, affecté le déroulement du scrutin.
Les griefs évoqués ont porté notamment sur des anomalies lors des opérations de dépouillement, des procès-verbaux contestés, des retards dans leur remise, des pressions présumées sur certains représentants de candidats, coupure d’internet ainsi que des soupçons de manipulation des résultats.
D’ailleurs, elle a fait référence à certains faits qui ont conduit les parquets à ouvrir des enquêtes et qui ont rapidement débouché sur des poursuites judiciaires et des placements en détention provisoire ou sous contrôle judiciaire. La secrétaire du PT a, par ailleurs, affirmé que les résultats attribués à son parti sont falsifiés à l’instar de toute l’opération électorale. Une situation qui inquiète, selon elle, le parti, compte tenu de ses retombées et des dessins qui ont prévalu à l’apparition de cette situation. Celle-ci aurait dû entraîner, selon Louisa Hanoune, l’annulation des résultats au moins dans les wilayas concernées.
Un désaveu généralisé
Abordant le très faible taux de participation ayant résulté de cette élection, Louisa Hanoune l’assimile à un référendum populaire pacifique où 80% ont dit non à l’ordre établi et aux contradictions entre les décisions des hautes autorités et leurs applications sur le terrain.
Elle a expliqué que dans tous les pays du monde, le taux de participation est le baromètre qui dévoile la réalité de l’état d’esprit de la majorité, ajoutant que qu’un faible taux de participation doit interpeller les autorités, car il exprime de la colère à l’adresse des responsables du sentiment d’abandon ressenti par le citoyen.
Battant en brèche l’idée selon laquelle la responsabilité incombait aux partis politiques, Louisa Hanoune a indiqué que c’est la politique de la fuite qui est en cause. «Ceux qui ont une responsabilité sont ceux qui étaient au Parlement et qui ont voté les lois, notamment la loi électorale, la loi sur les partis et la loi sur les associations», a-t-elle déclaré.
Un système à revoir
Pour la secrétaire général du PT, il devient plus qu’impératif, avant la prochaine échéance, de procéder à la révision et la rectification de ce système électoral dans le fond. «Il s’agit, a-t-elle ajouté, de revoir tous les mécanismes pour que nous ayons un système clair et homogène.» Sans pencher pour l’une ou l’autre, elle a indiqué que le système devra être soit la proportionnelle par wilaya, soit par liste uninominale, à l’instar de ce qui s’est fait en 1991 avec un découpage en circonscriptions.
S. Smati
