« La confiance des citoyens dans les élections ne pourra être rétablie sans réformes claires », a souligné la Secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune.
Lors de la présentation, hier, du rapport introductif à la réunion du bureau de wilaya d’Alger du Parti des Travailleurs (PT) à Alger, la secrétaire générale Louisa Hanoune a dressé un tableau sombre de la conjoncture nationale et internationale. Elle a abordé plusieurs enjeux majeurs, dont les projets de lois relatifs aux partis politiques et aux élections, la crise sociale, et la grève des transporteurs. Elle a également exprimé de vives inquiétudes face aux tentatives de déstabilisation et aux atteintes aux droits des travailleurs.
Un test décisif pour la démocratie
Louisa Hanoune a accordé une attention particulière au projet de loi sur les partis politiques. Selon elle, ce texte marque une évolution par rapport au précédent, en levant certaines entraves à l’activité partisane et en élargissant les libertés d’organisation, de fonctionnement et d’activité politique. Toutefois, elle a souligné que des contradictions et des dispositions restrictives demeuraient, pénalisant certaines formations politiques. Aussi, a-t-elle appelé à une véritable rupture avec les pratiques passées et ne se limite pas à un réaménagement du cadre existant.
Dans ce même esprit, elle a insisté sur la nécessité de réviser la loi électorale, jugée « restrictive » et favorable aux candidatures indépendantes au détriment des partis politiques. Elle a expliqué que cela avait conduit à une personnalisation du scrutin, effaçant les programmes politiques. Encourager les jeunes à se présenter en dehors des partis, notamment par des aides financières, risquait, selon elle, de les éloigner de l’engagement politique structuré.
Crédibilité du processus électoral
Louisa Hanoune a exprimé des doutes sur la capacité des réformes annoncées à restaurer la confiance des électeurs et à renforcer le pluralisme au sein des assemblées élues. Elle a évoqué les ajustements apportés aux prérogatives de l’instance de supervision des élections, appelant à des garanties claires de neutralité et à des mécanismes de contrôle efficaces. Si le PT ne conteste pas le rôle du ministère de l’Intérieur dans l’organisation des élections, Louisa Hanoune a insisté sur la nécessité de limiter son intervention aux aspects strictement organisationnels. Elle a aussi réclamé la réouverture des listes électorales, estimant que la durée de la campagne d’inscription avait été insuffisante, particulièrement pour les jeunes, et que de nombreux dysfonctionnements avaient empêché une partie de la population d’exercer son droit à l’inscription.
Une crise structurelle persistante
Concernant la grève des transporteurs, Louisa Hanoune a indiqué qu’un accord avait été conclu vendredi dernier entre le président du Conseil de la nation et les représentants des transporteurs, ce qui a permis de suspendre le mouvement de grève. Toutefois, elle a rappelé que cette crise, liée à la hausse des prix des carburants et à certaines dispositions du Code de la route, n’était pas nouvelle. Depuis 2021, les transporteurs privés ont multiplié les démarches pour exposer leurs difficultés : vétusté du parc de bus, dégradation du réseau routier, hausse des prix des pièces de rechange et charges croissantes. Selon elle, ces problèmes structurels exigent des solutions durables, vu les conséquences économiques et sociales majeures pour le pays.
Vigilance politique
Louisa Hanoune a réaffirmé le rejet par son parti des appels anonymes à la grève ou à l’insurrection, souvent d’origine étrangère. Elle a appelé à la vigilance face à un contexte international marqué par des guerres et des tensions géopolitiques. Elle a également rappelé que seuls les syndicats ont la légitimité pour décider des grèves, tandis que les partis politiques peuvent soutenir les revendications sociales sans se substituer aux représentants mandatés des travailleurs.
Sur le plan économique, Louisa Hanoune a pointé une contradiction flagrante entre les engagements du président de la République en faveur de l’amélioration des conditions de vie et certaines décisions récentes, notamment celles liées aux carburants, qui ont semé le doute et l’inquiétude parmi la population. Face à l’érosion du pouvoir d’achat, elle a plaidé pour un soutien direct de l’État aux producteurs dans les secteurs de l’industrie, de l’agriculture et des services, afin de limiter la hausse des prix et protéger les citoyens les plus vulnérables.
K.Z.
