Le Forum économique algéro-russe, tenu hier à Alger, a mis en lumière la volonté des deux pays d’étendre leur coopération économique au-delà des secteurs traditionnels et de saisir de nouvelles opportunités dans des domaines à forte valeur ajoutée. Organisé sur deux jours sous l’égide du ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, en coordination avec le Conseil d’affaires algéro-russe et l’ambassade de Russie en Algérie, le forum a réuni responsables politiques et opérateurs économiques pour explorer les potentialités d’un partenariat stratégique renforcé.
Lors de l’ouverture des travaux, Abdeslam Djahnit, secrétaire général du ministère du Commerce extérieur, a souligné que le forum constituait une occasion unique de coordonner les efforts pour exploiter pleinement les potentialités des deux pays, tant dans le domaine de l’énergie que dans l’agriculture et la sécurité alimentaire. Il a insisté sur les secteurs prometteurs tels que l’industrie, la pharmacie, le numérique, l’intelligence artificielle et l’agriculture intelligente.
«Les relations commerciales entre l’Algérie et la Russie ont enregistré des progrès significatifs, soutenus par une volonté politique solide et un partenariat stratégique croissant», a affirmé Djahnit. Il a précisé que le volume des échanges commerciaux avait doublé au cours des dix premiers mois de 2024, dépassant 1,7 milliard de dollars, et a fixé l’objectif ambitieux d’atteindre 10 milliards de dollars d’ici la fin de la décennie.
Rabah Fassih, directeur de la Promotion et du Soutien aux échanges économiques au ministère des Affaires étrangères, a appelé les opérateurs économiques à tirer parti des réformes entreprises en Algérie pour améliorer le climat des affaires. «Le volume des échanges reste faible par rapport aux potentialités existantes», a-t-il souligné, insistant sur la nécessité d’augmenter les exportations algériennes vers la Russie afin de bâtir un modèle économique durable, créateur de richesse et d’emplois.
Le responsable a également mis en avant l’importance des rencontres bilatérales pour identifier de nouvelles opportunités d’investissement et de partenariat, notamment dans les secteurs des énergies renouvelables, des technologies modernes, de la numérisation et des technologies de l’information et de la communication.
Ahmed Azimov, président du Conseil d’affaires algéro-russe, a rappelé que ce type de forum permettait de lever les obstacles et de développer des collaborations concrètes entre les opérateurs économiques des deux pays. Depuis sa création, le Conseil a facilité des visites réciproques auprès de près de 500 entreprises, ouvrant la voie à la signature d’accords d’exportation des produits algériens vers la Russie.
Pour sa part, Alexeï Kouchikov, vice-ambassadeur de Russie à Alger, a insisté sur «la profondeur des relations historiques» entre les deux pays et a appelé à renforcer le volume des échanges, qui reste encore en deçà des potentialités réelles.
Des rencontres B2B et des perspectives concrètes
La deuxième journée du forum, prévue pour mercredi, sera marquée par des rencontres d’affaires bilatérales «B2B» et la tenue de la troisième édition du Conseil d’affaires conjoint, offrant aux participants l’occasion de concrétiser des projets de coopération et d’ouvrir de nouvelles perspectives économiques pour les deux pays.
A.M.
