Le ministre a insisté sur l’accélération des projets destinés à renforcer la sécurité hydrique, améliorer les réseaux d’eau potable et rattraper le retard dans l’assainissement. Il a également annoncé des mesures strictes contre les entreprises défaillantes.
Le ministre de l’Hydraulique, LounèsBouzegza, a inspecté, ce week-end, la situation du secteur de l’hydraulique dans les wilayas de Biskra et d’El Kantara, ainsi que les principaux projets de développement inscrits dans ces deux territoires.
La rencontre a notamment porté sur les ressources en eau, les grands transferts, les réseaux d’assainissement et les perspectives de renforcement de la sécurité hydrique. À cette occasion, le ministre a pris connaissance de l’état d’avancement du projet de raccordement de Biskra et d’El Kantara au système de Beni Haroun.
Ce projet prévoit le transfert d’un volume de 75 000 mètres cubes d’eau par jour vers les communes d’El Kantara, d’AïnZaatout, d’El Outaya et de Chetma, au bénéfice de plus de 400 000 habitants.
À l’issue de la présentation, LounèsBouzegza a annoncé l’acceptation du programme d’urgence pour 2026, portant notamment sur l’acquisition de matériels et d’équipements. Il a souligné que le secteur de l’hydraulique demeure une priorité dans les programmes de l’État, conformément aux orientations du président de la République.
Réduire les pertes et améliorer les réseaux
Concernant la wilaya de Biskra, le ministre a estimé que la situation de l’alimentation en eau potable était
«acceptable» au regard de la disponibilité des ressources. Le niveau de service reste, toutefois, affecté par plusieurs facteurs, notamment les fuites sur les réseaux, les branchements illicites et certaines insuffisances dans la gestion.
La priorité consiste ainsi, selon le ministre, à poursuivre la mobilisation des ressources hydriques, tout en accélérant la réhabilitation des réseaux et l’amélioration de leur rendement.
Dans ce cadre, la future entrée en activité de la Police des eaux devrait contribuer au renforcement du contrôle sur le terrain, notamment dans la lutte contre les branchements illicites et les dépassements susceptibles de compromettre la pérennité du service public de l’eau.
À plus long terme, la sécurisation de l’alimentation en eau de Biskra reposera sur plusieurs projets stratégiques, notamment les grands transferts d’eau vers le Sud et les Hauts-Plateaux, ainsi que le projet de transfert des eaux du barrage de KoudiatMedouar vers Biskra.
Les stations d’épuration au cœur des priorités
Le volet de l’assainissement a également occupé une place importante dans les discussions. Le ministre a appelé à rattraper le retard enregistré dans la réalisation de plusieurs stations d’épuration des eaux usées.
Pour LounèsBouzegza, ces infrastructures ne doivent pas seulement permettre de traiter les eaux usées, mais également de favoriser leur réutilisation, notamment dans l’irrigation agricole, les programmes de reboisement et la lutte contre la désertification.
Une utilisation dans certains secteurs industriels est également envisagée, dans le respect des normes en vigueur, avec la possibilité de recourir, lorsque cela est nécessaire, à un traitement tertiaire.
Le développement des réseaux d’assainissement et des réseaux de distribution d’eau potable devra ainsi figurer parmi les principales priorités du secteur dans les deux wilayas.
Concilier irrigation et préservation des nappes
Le ministre a, par ailleurs, insisté sur la nécessité d’accompagner le développement des superficies irriguées par une politique de protection des ressources souterraines.
L’objectif est de soutenir l’activité agricole tout en garantissant la durabilité des nappes phréatiques, dans le cadre d’une gestion plus rationnelle et d’une meilleure valorisation de la ressource en eau.
Des sanctions contre les entreprises défaillantes
En clôture de la séance, le ministre Bouzegza a annoncé des mesures strictes à l’encontre des entreprises dont la défaillance ou le manque d’engagement serait établi dans la réalisation des projets programmés.
Le ministre a appelé à passer désormais de la simple programmation des projets à leur réalisation effective et à leur mise en service dans les délais impartis.
Il a également estimé que la situation actuelle en matière de disponibilité de l’eau était satisfaisante, tout en soulignant la nécessité de maintenir une démarche préventive et de se préparer aux différents scénarios possibles, notamment en accélérant la réalisation des infrastructures hydrauliques.
I. Khermane
