Une formation consacrée à la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (ACDEG) a permis aux parlementaires africains de renforcer leurs connaissances sur les mécanismes de promotion de l’État de droit, de prévention des conflits et de consolidation des institutions démocratiques.
Le Parlement panafricain (PAP) poursuit ses efforts pour promouvoir la démocratie, le constitutionnalisme et la paix sur le continent africain. À cet effet, la Commission de la justice et des droits de l’homme ainsi que la Commission de la coopération, des relations internationales et du règlement des conflits ont organisé une session conjointe de renforcement des capacités consacrée à la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (ACDEG).
Organisée avec l’appui du Secrétariat de l’Architecture africaine de gouvernance (AGA), cette rencontre avait pour objectif de renforcer les compétences des membres du Parlement panafricain sur les enjeux liés à la ratification, l’intégration dans les législations nationales, l’application et le suivi des engagements pris par les États africains dans le cadre de cette Charte.
Boutbig appelle à une implication accrue des parlementaires
Dans son allocution d’ouverture, le président du Parlement panafricain, Fateh Boutbig, a appelé les parlementaires à jouer un rôle actif dans la promotion de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, qu’il a qualifiée de «cadre de gouvernance le plus complet de l’Union africaine et de pierre angulaire de l’Agenda 2063».
Il a insisté sur la nécessité d’une ratification universelle de ce texte et sur l’importance de son application effective au niveau national.
«Nous ne pouvons pas rester des observateurs dans ce processus. Nous devons devenir des défenseurs actifs de la ratification universelle de la Charte», a-t-il affirmé, appelant les élus africains à renforcer le contrôle parlementaire, la responsabilité institutionnelle et la gouvernance démocratique dans leurs pays respectifs.
Pour le président du PAP, l’efficacité de la Charte ne se limite pas à son adoption par les États, mais dépend également de sa traduction concrète dans les politiques publiques et les législations nationales.
La gouvernance, un pilier de la paix et de la sécurité
Intervenant lors de cette formation, l’ambassadrice Rebecca Amuge Otengo, présidente du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine pour juillet 2026 et présidente de la Plateforme Architecture africaine de gouvernance – Architecture africaine de paix et de sécurité (AGA-APSA), a rappelé que la paix durable ne peut être assurée uniquement par des réponses sécuritaires.
Elle a souligné que la stabilité du continent repose également sur la justice, l’État de droit, des institutions responsables et une gouvernance démocratique solide.
«La bonne gouvernance demeure le fondement sur lequel reposent la paix et la sécurité», a-t-elle déclaré, appelant à une coopération renforcée entre le Conseil de paix et de sécurité, l’AGA-APSA et le Parlement panafricain.
Elle a également mis en avant les nouveaux défis auxquels l’Afrique doit faire face, notamment la cybersécurité, la désinformation, ainsi que le renforcement des mécanismes d’alerte précoce et de diplomatie préventive.
Transformer les engagements continentaux
De son côté, l’ambassadeur Salah Hammad, chef du Secrétariat de l’Architecture africaine de gouvernance (AGA), a présenté les principales dispositions de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, en mettant l’accent sur le rôle du Parlement panafricain dans la promotion des valeurs communes de l’Union africaine.
Il a estimé que la Charte représente bien plus qu’un instrument juridique, puisqu’elle incarne l’engagement collectif de l’Afrique en faveur de la démocratie, de l’ordre constitutionnel et d’un leadership responsable.
Les échanges entre les parlementaires ont porté sur plusieurs priorités, notamment le renforcement du contrôle parlementaire, la lutte contre les causes profondes des conflits, la promotion des solutions africaines aux crises sécuritaires, ainsi que l’amélioration de la résilience numérique.
Les participants ont souligné l’importance d’une collaboration plus étroite entre les différentes structures continentales afin d’assurer une meilleure mise en œuvre des engagements africains en matière de gouvernance et de paix.
Réagissant aux interventions des membres du Parlement panafricain, l’ambassadrice Otengo a salué la qualité des débats et appelé à davantage de partage d’expériences entre les États membres, rappelant que les cadres institutionnels existants ne peuvent produire des résultats qu’à travers une réelle volonté politique et une application effective au niveau national.
Pour sa part, le président de la Commission de la justice et des droits de l’homme, l’honorable Chitraduthsing (Kevin) Lukeeram, a insisté sur l’importance d’un dialogue permanent entre le Parlement panafricain, le Conseil de paix et de sécurité et la Plateforme AGA-APSA.
Cette formation confirme ainsi la volonté du Parlement panafricain de renforcer le rôle des parlementaires africains dans la consolidation de la démocratie, la protection des droits humains et la réalisation des objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
A.M.
