Les circonstances de ce drame jettent une lumière crue sur l’implication croissante du Maroc dans le giron sécuritaire sioniste, dans un contexte de tensions régionales exacerbées par le conflit à Ghaza et les rapports conflictuels entre l’entité sioniste et l’Iran.
L’attaque aérienne iranienne contre plusieurs sites militaires sionistes, dont la base de Meron, a eu des répercussions inattendues au sein de la diplomatie marocaine. Un document confidentiel, émanant du bureau de liaison du Royaume à Tel-Aviv, révèle la mort de deux officiers marocains engagés dans une formation militaire conjointe avec l’armée sioniste. Cette information sensible, témoigne d’une coopération militaire entre Rabat et l’entité sioniste qui, loin d’être anodine, interroge sur les choix d’alignement géopolitique du royaume chérifien. Le document, adressé au ministère marocain des Affaires étrangères, confirme le décès du capitaine Mehdi Janour et du commandant Jamal Idrissi, ainsi que la blessure d’un troisième officier marocain, Noureddine Tazi, hospitalisé à Haïfa.
Les circonstances de ce drame jettent une lumière crue sur l’implication croissante du Maroc dans la stratégie sécuritaire sioniste, dans un contexte de tensions régionales exacerbées par la guerre génocidaire contre Ghaza et les rapports conflictuels entre l’entité sioniste et l’Iran. Bien avant l’apparition du document confidentiel confirmant la mort d’officiers marocains, des médias du Makhzen, dont le site Hespress – souvent perçu comme proche des services de renseignement du royaume – avaient relayé de fausses informations faisant état de la mort supposée de plusieurs hauts gradés algériens lors d’une attaque sioniste contre des installations des Gardiens de la Révolution à Téhéran. Cette infox œuvre du Makhzen, s’inscrit dans une campagne de désinformation ciblée contre l’Algérie, visant à semer le doute sur ses relations avec l’Iran et à lui prêter des intentions militaires. Cette stratégie de manipulation médiatique, mise en œuvre à travers des canaux bien identifiés, trahit une volonté d’inverser les rôles et d’alimenter une confusion volontaire entre faits établis et allégations infondées. L’objectif semble clair : détourner l’attention de l’opinion publique des véritables implications de la coopération militaire maroco-sioniste.
Alignement aveugle
À contre-courant de cette agitation, l’Algérie, fidèle à sa doctrine, poursuit son positionnement de principe. Elle rejette toute forme d’ingérence dans les affaires intérieures des États et condamne les agressions sionistes, quelles qu’en soient les cibles : Ghaza, Beyrouth, Damas ou Téhéran. Elle demeure constante dans sa défense de la souveraineté nationale comme pilier de la stabilité régionale. Au-delà des rivalités régionales, la situation met en exergue deux visions opposées du rôle à jouer au sein du monde arabe : l’une tournée vers des alliances militaires controversées, même au prix d’une proximité assumée avec l’entité sioniste, l’autre fidèle aux causes historiques de libération, notamment celle de la Palestine. Le soutien discret mais réel du Maroc à l’agression sioniste contre des intérêts iraniens, via la présence de ses officiers sur des bases ciblées, souligne un choix d’alignement qui pourrait avoir des conséquences diplomatiques majeures. En dénonçant la coopération militaire entre l’Algérie et l’Iran – pourtant jamais confirmée – certains médias marocains cherchent à brouiller les pistes et à justifier, a posteriori, une alliance stratégique avec une entité occupante. Une tentative de renverser les accusations, qui ne trompe ni les observateurs régionaux, ni les opinions publiques arabes. Loin des manipulations, la voix algérienne s’élève avec constance : respect de la souveraineté, solidarité avec les peuples opprimés, refus des coalitions de guerre.
Dans une région traversée par les conflits et les dérives diplomatiques, ce cap reste celui de la raison, mais aussi celui de la justice. Une posture qui, dans le tumulte des alliances instables, conserve toute sa crédibilité sur la scène internationale. Et plus encore, elle incarne l’espoir d’un monde arabe fidèle à ses principes fondateurs et résolument tourné vers la paix.
Assia M.