L’Algérie franchit une nouvelle étape dans la consolidation de sa souveraineté numérique. Le ministère de la Poste et des Télécommunications a organisé, hier à Alger, un forum consacré à la cybersécurité, à l’occasion de l’inauguration du Centre sectoriel de veille, de détection et de réponse aux incidents cybernétiques (MPT-CERT), une structure appelée à jouer un rôle central dans la protection des infrastructures numériques du secteur.
Cette rencontre, qui a réuni des responsables institutionnels, des experts nationaux et des partenaires internationaux, s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale visant à renforcer les capacités de prévention, de détection et de gestion des cybermenaces. Dans un contexte marqué par la multiplication des attaques informatiques à travers le monde, les autorités algériennes entendent accélérer la mise en place d’outils capables d’assurer une surveillance permanente du cyberespace national.
Présidant l’ouverture des travaux, le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, a souligné que la cybersécurité est désormais un enjeu majeur de souveraineté nationale. Il a rappelé que la transformation numérique engagée par l’Algérie exige un niveau élevé de protection des systèmes d’information et des réseaux de communication afin de garantir la continuité des services et la sécurité des données.
Le rôle stratégique du MPT-CERT
Le ministre a particulièrement mis en avant le rôle stratégique du nouveau Centre sectoriel de veille, de détection et de réponse aux incidents cybernétiques.
Cette structure est chargée d’assurer une surveillance continue des infrastructures du secteur, d’identifier les menaces potentielles, d’analyser les risques et de coordonner les réponses en cas d’incident. Son déploiement devrait permettre une meilleure anticipation des attaques et une réaction plus rapide face aux tentatives de compromission.
La dimension internationale de la coopération en matière de cybersécurité a également été au cœur des discussions. Présent à la rencontre, l’ambassadeur de la République de Corée en Algérie, Min Kyung-tae, a salué la qualité des relations entre les deux pays dans ce domaine stratégique. Il a rappelé le soutien apporté par l’Agence coréenne de coopération internationale Koica aux programmes algériens de renforcement des capacités techniques et humaines en matière de cybersécurité.
Au-delà des équipements et des solutions technologiques, les intervenants ont insisté sur l’importance de la formation et du développement des compétences. Face à des menaces en constante évolution, le facteur humain demeure un élément déterminant dans la protection des systèmes d’information. Le renforcement des expertises nationales figure ainsi parmi les priorités du programme sectoriel présenté lors du forum.
Vers un cyberespace national plus résilient
Cette rencontre a également permis de dresser un bilan des actions déjà engagées et d’esquisser les perspectives de développement futures. Les responsables du secteur ont notamment évoqué le renforcement de la coopération avec les équipes spécialisées dans la réponse aux incidents, l’amélioration des mécanismes d’alerte précoce ainsi que la modernisation continue des outils de défense numérique.
À travers cette initiative, les pouvoirs publics affichent leur volonté de bâtir un cyberespace national plus sûr, plus résilient et mieux préparé aux défis de la transformation numérique. Un objectif devenu indispensable à mesure que les administrations, les entreprises et les citoyens dépendent davantage des technologies numériques dans leur vie quotidienne.
R.E
