La motion de destitution déposée par Mathilde Panot et soutenue par 103 députés de gauche contre le président Emmanuel Macron a été rejetée hier par le bureau de l’Assemblée nationale. Elle ne sera donc pas inscrite à l’ordre du jour et ne fera l’objet d’aucun débat en séance publique.
Dans un communiqué, La France insoumise (LFI) dénonce un «verrouillage politique» et accuse le Rassemblement national (RN) d’avoir «sauvé Macron pour la deuxième fois». Le mouvement rappelle qu’une première tentative de mise à l’ordre du jour, en novembre 2024, avait déjà été bloquée à l’initiative de Marine Le Pen.
Selon LFI, cette nouvelle motion intervenait «à un moment crucial», au moment où «la responsabilité du chef de l’État dans le chaos politique ne fait plus de doute». Les insoumis avancent également que «70 % des Français souhaitent le départ d’Emmanuel Macron», sans toutefois préciser la source de ce chiffre.
L’initiative avait reçu le soutien des groupes LFI, Écologistes, Communistes et Socialistes, qui affirment avoir voté unanimement en sa faveur. Le RN, en revanche, est accusé par la gauche radicale d’avoir fait bloc avec l’exécutif. «Malgré ses postures d’opposition, l’extrême-droite reste l’alliée objective du président», écrit LFI, qui évoque la formation d’un «bloc macro-lepéniste».
Pendant ce temps, la France demeure plongée dans une crise institutionnelle inédite depuis la démission du Premier ministre Sébastien Lecornu. Faute de majorité stable, aucun gouvernement n’a encore été formé. Les consultations menées par Lecornu n’ont débouché sur aucun accord, tandis que les forces politiques — de gauche, de droite et du centre — s’accusent mutuellement de blocage et d’irresponsabilité.
À l’approche de la date limite de dépôt du projet de loi de finances, le pays reste sans gouvernement, sans budget et sans majorité parlementaire claire — une situation qui alimente les inquiétudes sur la stabilité politique et économique de la France.
R.N.
