Loin d’être un simple accord de principe, le protocole algéro-coréen permet à l’Algérie de trouver un partenaire technologique flexible pour soutenir la diversification de ses sources d’approvisionnement et de développement de son industrie locale.
Le président du Conseil de la Nation, Azouz Nasri, a reçu à son siège l’ambassadeur de la République de Corée en Algérie, Yoo Ki-june, qui lui a rendu une visite de courtoisie, selon un communiqué de cette institution législative.
La même source précise que la rencontre a été l’occasion de « passer en revue l’état actuel des relations d’amitié entre l’Algérie et la Corée », le président du Conseil de la Nation saluant les excellentes relations bilatérales entre les deux pays, tout en évoquant les projets communs et les intérêts partagés avec l’Algérie.
Dans ce contexte, il a exprimé « la fierté de l’Algérie vis-à-vis du partenariat stratégique avec la Corée », se félicitant de « la fluidité » de leurs relations économiques.
À cet égard, Nasri a appelé à « augmenter les indicateurs de coopération et à les élargir à d’autres secteurs vitaux, dans un environnement d’investissement sûr, soutenu par un cadre législatif et institutionnel ».
Il a également souligné que « la transition économique engagée par l’Algérie vers une économie basée sur l’innovation, le savoir et les énergies renouvelables renforce davantage le partenariat stratégique algéro-coréen avec de nouvelles opportunités de coopération durable », ajoute le communiqué.
Diversification des partenariats
De son côté, l’ambassadeur coréen a rappelé que l’Algérie est le seul pays africain à entretenir un partenariat stratégique bilatéral avec la République de Corée. Aussi, a-t-il mis en en avant la volonté de son pays de « promouvoir ses relations économiques avec l’Algérie et d’augmenter les volumes d’échanges », estimant que les réformes en cours en Algérie font d’elle « une destination d’investissement prometteuse et attrayante ».
Il a aussi évoqué le mémorandum d’entente sur la coopération dans le domaine de la défense, signé entre les ministères de la Défense nationale des deux pays, en précisant qu’un plan est en cours d’élaboration pour « un retour en force sur le marché algérien », en parallèle avec les préparatifs pour l’activation du travail de la commission mixte, selon la même source. En effet, dans un geste diplomatique et militaire, l’Algérie et la Corée du Sud ont signé, le 27 mai 2025, un protocole d’accord visant à renforcer leur coopération en matière de défense. Loin d’être un simple accord de principe, il s’agit d’établir un nouveau cadre stratégique entre les deux pays et intervenant dans un contexte de mutations géopolitiques incitant l’Algérie à diversifier ses partenariats sécuritaire. Grâce à cet accord, l’Algérie pourrait trouver un partenaire technologique flexible pour soutenir la diversification de ses sources d’approvisionnement et de développement de son industrie locale.
Reconfiguration des alliances stratégiques
Le mémorandum a été officiellement signé lors d’une rencontre entre le général-major Mohamed Salah Benbicha, secrétaire général du ministère algérien de la Défense nationale, et Yoo Ki-jun, ambassadeur de la République de Corée en Algérie. Un accord signé, alors, en présence, du chef de la direction des Approvisionnements, du directeur des Relations Extérieures et de la Coopération, du directeur des Affaires Juridiques du ministère de la Défense nationale, ainsi que de l’Attaché de Défense sud-coréen accrédité en Algérie. Ce qui démontre en évidence les multiples dimensions que cette coopération pourrait englober. En outre la présence du directeur des Fabrications militaires laisse envisager des perspectives de partenariat dans les domaines de la production et du transfert de technologie, en tant qu’objectif stratégique futur. Cet accord s’inscrit dans une stratégie algérienne plus large visant à reconfigurer ses alliances de défense. Après des décennies de forte dépendance à une la technologie de certains pays, l’Algérie cherche à s’ouvrir à de nouveaux fournisseurs occidentaux et asiatiques, dans le but de moderniser son arsenal militaire et d’accroître sa flexibilité stratégique.
De son côté, Séou compte sur le succès de sa stratégie « K-Defense », qui vise à positionner la Corée du Sud parmi les quatre plus grands exportateurs d’armes au monde d’ici 2027.
Badis B.