Une nouvelle politique agricole, réaliste et adaptée au terrain, fondée sur la technologie et l’innovation, est en cours
Les travaux de la Conférence nationale sur la modernisation de l’agriculture ont été clôturés, mardi, par une intervention du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid et par l’adoption d’une série de recommandations axées principalement sur la «nécessité de numériser les techniques de production», de l’«adoption des méthodes d’irrigation modernes» et de l’«encouragement de la production locale de semences» à travers la création de «pôles nationaux spécialisés». Auparavant, le ministre a affirmé que son département «œuvre à l’élaboration d’une nouvelle politique agricole réaliste et adaptée au terrain», fondée sur la technologie et l’innovation.
Le ministre a précisé que son département s’emploie à «mettre en place une politique publique sectorielle» ayant un impact réel sur le terrain et adaptée aux réalités du secteur, à travers une meilleure gestion des différentes ressources qui lui sont destinées, notant «la nécessité de revoir les différentes politiques publiques mises en place depuis l’indépendance et de s’orienter vers la transition numérique». Yacine Oualid a fait savoir qu’ «une réforme structurelle de son département et des organismes y relevant sera engagée» afin d’en «améliorer l’efficacité et de les rajeunir», tout en intégrant la technologie et en s’orientant vers la modernisation, notamment par un rapprochement du monde académique, soulignant que de «nombreuses innovations scientifiques dans le domaine agricole demeurent encore inexploitées».
De nouveaux mécanismes de financement
Concernant le financement des investissements agricoles, le ministre a mis en exergue la nécessité de mettre en place de nouveaux mécanismes de financement, d’autant plus qu’«on ne peut plus compter uniquement sur les prêts des banques publiques. Le capital investissement pourrait résoudre plusieurs problématiques de financement, tout comme le micro-financement et le crédit-bail», a-t-il ajouté, tout en insistant sur l’importance d’«injecter davantage de capitaux dans les cultures stratégiques, notamment dans le Sud». Le ministre a également souligné la nécessité d’«élargir les offres d’assurance» pour couvrir l’ensemble des risques auxquels les agriculteurs sont confrontés sur le terrain, afin de leur permettre de travailler dans les meilleures conditions. Abordant la question du foncier agricole, le ministre a mis en avant l’importance de «mener des études d’évaluation des différents mécanismes de gestion» de ce dossier depuis l’indépendance, notant que la numérisation «contribuera à résoudre les problématiques» soulevées dans ce domaine.
Booster la filière céréalière
Parmi les recommandations phares, les participants ont mis en avant l’importance de la «valorisation des expériences réussies», notamment en matière de «rendement dans la filière céréalière», tout en appelant à la «création de coopératives de commercialisation et de services actives» dans les domaines des semences, des engrais et du matériel agricole. Soulignant la nécessité de généraliser l’utilisation de semences à haut rendement, adaptées aux conditions locales dans le contexte de changements climatiques, les experts et professionnels ont appelé au «renforcement et à la promotion des fermes pilotes spécialisées dans la production de semences». Concernant les cultures oléagineuses, les participants ont relevé l’importance de la formation et de l’accompagnement des agriculteurs et investisseurs de cette filière essentielle en vue de renforcer la sécurité alimentaire nationale.
Une agriculture intelligente
Les participants ont également appelé à la promotion des pratiques et techniques modernes à travers «l’automatisation des différentes méthodes de production et d’exploitation», tout en proposant le «lancement d’un programme national d’agriculture intelligente», en partenariat avec les universités, les centres de recherche et les start-up. Il s’agit aussi d’encourager et de «valoriser la contribution des start-up dans la recherche de solutions pour l’irrigation économe en eau», de renforcer la stratégie nationale de production locale des équipements d’irrigation, de «promouvoir l’utilisation des eaux usées traitées dans l’agriculture» et de «créer un observatoire pour les zones steppiques».
Comme ils ont suggéré la «création des incubateurs technologiques agricoles» et de «recourir aux données de l’Agence spatiale algérienne», soutenir les jeunes entrepreneurs, développer des projets pilotes dans les différentes wilayas et filières, tout en œuvrant à l’amélioration des mécanismes de financement, sont autant de recommandations issues de cette rencontre. Les recommandations ont également porté sur la nécessité d’ «organiser les marchés pour assurer un équilibre entre l’offre et la demande», de renforcer la compétitivité nationale, d’encourager l’industrie manufacturière et les capacités de stockage, ainsi que de soutenir les exportations et d’accompagner les exportateurs à l’international.
Mahmoud Tadjer
