Le Sahel est paradoxalement le nombril du monde. L’Algérie, qui en fait partie malgré elle de par son territoire qui s’y étend, a intérêt à tirer son épingle du jeu dans les équations souterraines qui s’y jouent.
Diplomatiques, économiques, militaires ou encore stratégiques. Région, depuis les indépendances africaines des années 1950-1960, restée en marge du développement, le Sahel demeure, ou plutôt devient une zone de non-droit.
Terrorisme, trafic en tous genres, conjugués aux appétits voraces des juntes au pouvoir dans les pays qui la composent, elle devient de plus en plus, dans ce monde capitaliste sans pitié, sans foi ni loi, le terrain de toutes les luttes. Région riche par excellence, les convoitises ne manquent pas. Russes, Français, Américains, Chinois… en font une fixation.
On dirait que cette région est «le nombril du monde». Dans cette équation, l’Algérie, qui dispose de près de 3 000 km de frontières avec les voisins du Sud, a toujours essayé de combler les failles de ses voisins en y investissant par exemple dans des projets de développement local.
En dégageant de conséquentes aides financières, en se portant même garante de leur stabilité comme c’était le cas au Mali où elle a réussi, en bonne ambassadrice de la paix, à trouver un terrain d’entente entre les belligérants qui a abouti aux accords d’Alger en 2015 pour la paix et la stabilité dans ce pays. Les choses ont depuis changé avec les coups d’état successifs qui ont amené d’autres alliances conjoncturelles dictées par les événements du moment.
Ayant toujours bon dos, l’Algérie a subi les foudres de ces mêmes voisins y compris à l’ONU dans une séquence loufoque où le Premier ministre du Mali a accusé l’Algérie en des termes, le moins que l’on puisse dire, peu diplomatiques, de jouer avec le feu, de propager la «fitna» entre Bamako et le Nord touareg.
D’encourager le terrorisme pour on ne sait quel objectif caché parce que simplement un opposant au pouvoir central, l’imam Mahmoud Dicko pour ne pas le nommer, a été reçu par le président Tebboune, dont les intentions sont demeurées les mêmes. Il l’a d’ailleurs répété de façon chronique.
La stabilité de l’Algérie dépend de celle de ses voisins. Pourtant, pour bien des considérations souterraines, des pressions aériennes, les voisins du Sud se sont ligués contre leur frère protecteur. Le voisin du Nord. Ils sortent d’abord d’un conglomérat hétéroclite, la Cedeao, pour constituer un autre «réduit» nonchalant, naïf et calculé depuis les capitales néocoloniales, l’AES (Alliance des États du Sahel) pour porter l’estocade à ce grand frère.
Le summum de la bêtise a été atteint durant l’épisode frontalier du drone malien sèchement abattu sur le territoire algérien. Un territoire chèrement préservé avec le sang de 1,5 million de martyrs. La résilience et la constance (certains diront même que c’est une forme de résistance inutile) de l’Algérie dans ses rapports avec ses voisins, nous renseigne aujourd’hui allègrement sur les dessous des cartes.
Sinon comment l’ennemi d’hier, prêt à faire la guerre, devient aujourd’hui l’allié le plus sûr, le voisin sur lequel il faut compter, le frère de sang ? Les données géopolitiques oblige changent de camp et de temps. Elles renseignent sur l’obligation de s’agenouiller et la nécessité de rester debout. Bamako et Niamey semblent aujourd’hui conscients de leurs erreurs. Une avancée.
S.M
