Si les éditions précédentes de la conférence étaient principalement axées sur le développement de l’écosystème, cette année, l’accent a été mis davantage sur le financement et les partenariats
L’Afrique ne se considère plus seulement comme une consommatrice de technologies.
Baisser de rideau sur la 4éme conférence africaine des start-ups qui s’est tenue du 6 au 8 de ce mois à Alger.
Hier, pour le dernier jour, l’évènement a été marqué par un riche programme comprenant des conférences, des panels et des ateliers, animés par des experts et acteurs du secteur. Plusieurs thématiques y ont été abordées, notamment le financement des start-ups, les meilleures pratiques, les dispositifs d’accompagnement et l’intelligence artificielle.
En accueillant pour la quatrième fois cette conférence africaine des start-ups, la capitale algérienne s’estimposée comme le centre continental de l’innovation et de l’entrepreneuriat.
Si les éditions précédentes de la conférence étaient principalement axées sur le développement de l’écosystème, cette année, l’accent a été mis davantage sur le financement et les partenariats. D’ailleurs, les travaux de la réunion ministérielle qui s’est tenue dimanche, se sont focalisés sur les différentes politiques publiques africaines adoptées en faveur des startupers et sur les incitations fiscales au profit de ces derniers. Lors de cette réunion, le ministre de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, Nourredine Ouadah, avait expliqué qu’il «s’agira de recueillir les meilleures pratiques des politiques publiques, à leur tête celles de l’Algérie depuis 2020 à ce jour, en termes de promotion en faveur des start-up et des jeunes, et de débattre d’un document traitant des incitations fiscales au profit des startupers leur permettant d’évoluer dans un environnement plus propice et plus compétitif par rapport aux autres continents».
Il est question aussi, avait signalé le ministre, de débattre des financements dédies à la recherche et au développement et à l’innovation, sous forme de fonds d’investissement ou de moyens de financement africains.
Le même jour, une réunion consacrée aux fonds d’investissement sur le continent (GP/LP summit) a été organisée afin d’aborder les moyens de multiplier les opportunités de financement des start-ups africaines. Cette réunion a été l’occasion de présenter les possibilités offertes par l’écosystème algérien, à l’instar de l’organisation des fonds d’investissement à risque FCPR et du financement via la bourse.
L’Algérie en leader
La décision de l’Algérie d’accueillir la conférence pour la quatrième année consécutive n’est pas fortuite.
En effet, le pays a placé l’innovation au cœur de sa vision à long terme, avec l’objectif d’atteindre 20 000 startups d’ici 2029. Pour y parvenir, le pays multiplie les investissements dans les infrastructures numériques et les initiatives publiques de soutien à l’entrepreneuriat et à la formation technologique.
Le ministre de l’Économie de la connaissance, Noureddine Ouadah, a annoncé dimanche la mise en place d’un réseau mondial d’experts algériens pour accompagner l’accréditation des produits numériques nationaux.
Il a également annoncé que le gouvernement prépare l’ouverture de la création d’entreprises à distance, une mesure qui pourrait considérablement élargir la base entrepreneuriale du pays.
Pour Noureddine Ouadah, l’enjeu est de structurer les chaînes de création pour que chaque startup puisse se développer, accéder aux certifications et, surtout, se projeter à l’international.
Un avenir à bâtir
Pendant trois jours intenses, les couloirs du CIC Abdelatif Rahal on tvibré au rythme des idées, des présentations, des débats et des démonstrations qui témoignent de la rapidité avec laquelle le paysage technologique africain évolue.
Les discussions ont porté sur la fintech, l’intelligence artificielle, les technologies climatiques et l’économie créative, mettant en lumière à la fois les défis et les opportunités du développement de l’Afrique.
La conférence s’est achevée sur l’annonce de nouveaux investissements, partenariats et programmes d’incubation. Mais elle s’est achevée, surtout, sur la conviction que la dynamique est bien enclenchée et que l’Afrique ne se considère plus seulement comme une consommatrice de technologies, mais se positionne comme une productrice.
Saïd S.
