L’événement a connu un engouement certain de la part des opérateurs économiques, qui ont joué pleinement le jeu.
Durant plus d’une semaine, la 4e édition de la Foire commerciale intra-africaine (IATF-2025) a vibré au rythme de signatures de contrats et de promesses d’investissements. Cette édition a cristallisé les ambitions d’une nouvelle génération d’entrepreneurs algériens, déterminés à s’imposer durablement sur les marchés africains avec des produits à forte valeur ajoutée locale.
Si le montant exact du volume global n’a pas encore été communiqué — le bilan définitif étant attendu lors de cette journée de clôture —, l’événement a connu un engouement certain de la part des opérateurs économiques, qui ont joué pleinement le jeu. Parmi les secteurs les plus représentés figuraient l’électronique, l’électricité, la cimenterie, le textile et la droguerie. Selon les opérateurs, ces filières disposent d’atouts réels pour renforcer la compétitivité du made in Algeria sur le continent, à travers cette Foire mais aussi grâce aux opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
El Sewedy Electric frappe un grand coup
Plusieurs contrats et mémorandums d’entente ont marqué cette édition. La société Elsewedy Electric Algérie a signé un contrat d’exportation de câbles produits localement vers la Côte d’Ivoire, d’une valeur de 100 millions de dollars sur cinq ans. Mais le plus gros coup reste l’annonce d’intentions d’investissement en Algérie pour un montant de 2,5 milliards de dollars, officialisées à travers un mémorandum d’entente conclu entre l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) et la société égyptienne El Sewedy Electric, déjà présente en Algérie. L’accord prévoit la création d’une base d’investissement industriel dans les industries électriques et les énergies renouvelables, avec transfert de savoir-faire, développement des infrastructures électriques et création d’emplois.
De son côté, le Holding SNS a signé plusieurs protocoles d’accord préliminaires d’une valeur totale de 950 millions de dollars avec des institutions internationales et africaines, dans le but de développer les activités industrielles, d’augmenter le taux d’intégration et de renforcer l’orientation exportatrice vers le continent.
L’entreprise ANABIB a également conclu plusieurs partenariats, notamment avec Elsewedy Electric (développement de systèmes d’irrigation et d’infrastructures agricoles), avec la société chinoise SARL Habicare (services de galvanisation de 110 000 tonnes, dont un premier lot de 6 000 tonnes), ou encore avec Shanxi Installation Group (formage et galvanisation de 2 800 tonnes). D’autres accords concernent la fourniture de pièces détachées automobiles, la représentation régionale en Afrique de l’Ouest et la création d’unités de production locales.
Succès de l’industrie pharmaceutique
L’industrie pharmaceutique algérienne a, elle aussi, rencontré un vif succès, avec la perspective de contrats atteignant 400 millions de dollars entre 22 opérateurs algériens et étrangers. Par ailleurs, INATEL, filiale de l’ENTC, a signé un contrat de 300 millions de dollars avec Morefun Electronic Technology (Chine) pour la production et l’exportation de deux millions de terminaux de paiement électronique vers le Nigeria.
Madar Holding a conclu un accord de 180 millions de dollars avec une société libyenne pour l’exportation de sucre raffiné, tandis que le groupe Souakri a signé un contrat de 51 millions de dollars avec un partenaire libyen pour l’approvisionnement en ciment, par voie terrestre et maritime. Le groupe Condor a, pour sa part, signé six accords d’une valeur globale de 80 millions de dollars par an avec des entreprises de Côte d’Ivoire, du Sénégal, d’Égypte, de Libye, de Tunisie et de Mauritanie.
La jeunesse entrepreneuriale en vitrine
La société Friction Tech, spécialisée dans la fabrication de batteries, prépare de nouveaux accords d’exportation avec des entreprises sénégalaises et ivoiriennes pour un volume de 2 millions de dollars. Un accord de 480 millions de dollars a été conclu pour approvisionner les marchés ouest-africains en équipements électriques, avec des matières premières et technologies algériennes, tandis que la société Sogolex (implantée au Sénégal et en Côte d’Ivoire) assurera transport et distribution.
Dans le secteur de la mobilité, Algeria Ham Motors a signé un accord avec la société tunisienne Mega Cycle pour exporter sept modèles de motocycles fabriqués en Algérie, et un autre avec la Société générale des équipements et de distribution du Tchad pour fournir à terme le marché tchadien en motocycles à trois roues. La valeur totale de ces deux accords dépasse 1,2 million de dollars. Une start-up algérienne, Idenet, a par ailleurs conclu un mémorandum de 150 millions de dollars avec la société sud-africaine Metair Investments pour la production de faisceaux électriques à partir de matières premières importées et leur réexportation vers l’Afrique du Sud, dans le cadre d’une coopération de cinq ans.
Placée sous le thème «Une passerelle vers de nouvelles opportunités», cette édition de l’IATF s’est révélée la plus ambitieuse depuis le lancement de la Foire en 2018, tant par le nombre d’acteurs présents que par les volumes d’accords conclus. La prochaine édition se tiendra à Lagos, au Nigeria.
Mahmoud Tadjer
