Le gouvernement a réceptionné près de deux cents centres locaux de stockage de céréales de différents volumes à travers les différentes wilayas du pays. Ces centres ont été réalisés par les walis afin d’augmenter les capacités de stockage de ce type de produits stratégiques.
Des sources officielles au sein du ministère de l’Agriculture et du Développement rural ont indiqué que, durant la période allant d’avril à juin en cours, 180 centres locaux de collecte de céréales ont été livrés dans des wilayas telles que Mostaganem, Skikda, Adrar, Timimoun, Tiaret et autres. Elles ont précisé que «chaque centre pouvant contenir plus de 5 000 tonnes» qui viendront s’ajouter aux 4 millions de tonnes actuellement stockées dans les centres de stockage répartis à travers le pays. Pourtant, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Youcef Cherfa, avait indiqué, en avril dernier lors d’une rencontre nationale avec les directeurs des coopératives de céréales et de légumes secs (CCLS), et le directeur général de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), que «290 centres de proximité de stockage des céréales seront réceptionnés avant le début de la campagne de récolte, pour atteindre une capacité de stockage globale de 17 millions de quintaux».
Une enveloppe de plusieurs milliards de dinars
Exposant le plan d’action de l’année 2024 pour la relance du secteur de l’Agriculture devant la Commission de l’agriculture, de la pêche et de la protection de l’environnement à l’Assemblée populaire nationale (APN), Youcef Cherfa a indiqué qu’«il sera procédé à la réalisation de 350 centres de proximité de stockage des céréales pour augmenter les capacités de stockage à 9 millions de tonnes (contre 3,4 millions de tonnes actuellement)». La réalisation de chaque centre, d’une capacité de stockage de 6.000 tonnes, nécessitera un montant de 25 milliards/DA soit un coût total de l’ordre de 8.750 milliards de DA. «La durée de réalisation est fixée à 8 mois», a fait savoir, en janvier dernier, le ministre. Selon le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Brahim Merad, ces infrastructures seront construites dans 34 wilayas, conformément aux directives du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à assurer la sécurité alimentaire du pays.
Parallèlement, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche a exprimé, devant les directeurs des services agricoles, sa volonté d’atteindre une production nationale de céréales de 5 millions de quintaux. Cet objectif dépendra du niveau de performance des cadres du secteur à collecter les plus grandes quantités possibles produites par les agriculteurs.
Le Président de la République a insisté sur la nécessité d’améliorer la performance et d’obtenir de meilleurs résultats pour la campagne de moisson-battage de 2025, par rapport à la saison précédente. Il a souligné que la réussite de cet objectif requiert une activation du travail de terrain et une concentration des efforts sur l’efficacité plutôt que sur les formalités.
Il a également ordonné un travail rigoureux et une vigilance continue afin d’améliorer les indicateurs de production nationale. Il a appelé à organiser une réunion précise et détaillée dès la fin de la campagne de récolte, consacrée à l’évaluation des résultats obtenus en termes de quantité et de qualité, et à l’analyse des efforts réels fournis par les agriculteurs et les cadres du secteur.
Vers une gestion numérique du foncier
Le gouvernement a lancé un nouveau dispositif numérique sécurisé pour accélérer la régularisation du foncier agricole. Développée par le ministère de l’Agriculture, cette plateforme vise à améliorer la coordination entre les autorités locales et l’administration centrale. Accessible uniquement aux commissions de wilaya, sous la supervision des walis, l’application permettra de recenser les blocages administratifs et d’y répondre en temps réel. Selon la commission nationale en charge du dossier, près de 75% des obstacles identifiés peuvent être résolus rapidement.
Cette initiative marque une étape importante dans la modernisation de la gouvernance foncière en Algérie, en misant sur la digitalisation pour fluidifier les procédures et accélérer les régularisations.
R.N.