L’ambassadeur de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) en Algérie, Khatri Addouh Khatri, a réaffirmé l’attachement indéfectible du peuple sahraoui à ses droits légitimes à l’autodétermination.
Lors de son intervention sur les ondes de la radio nationale, le diplomate a salué la position constante de l’Algérie en faveur de la cause sahraouie, indiquant que «le peuple sahraoui a eu, des décennies durant, à constater de visu la constance de la diplomatie algérienne fondée sur des principes enracinés». Il a souligné que la position d’Alger contre toutes les formes d’oppression, s’aligne pleinement avec le droit international. Il a rappelé qu’en pleine tragédie humaine, marquée par un génocide perpétré par les forces d’occupation marocaines, l’Algérie a été «l’unique porte de sortie» pour des milliers de Sahraouis fuyant la répression, ajoutant que «la position de l’Algérie, fermement opposée à toute forme d’oppression et de tyrannie, est pleinement conforme au droit international».
L’ambassadeur sahraoui a mis en lumière le consensus algérien, aussi bien au niveau populaire qu’officiel, autour du soutien à la cause sahraouie. «Ce soutien s’exprime publiquement et clairement dans les instances internationales», a-t-il ajouté, citant les débats à l’ONU, les travaux de la Quatrième Commission sur la décolonisation, les sommets africains et les sessions du Conseil de sécurité.
À l’occasion du 50e anniversaire de l’unité nationale sahraouie, célébrée le 12 octobre 2025, Khatri Addouh a affirmé que le peuple sahraoui est aujourd’hui «mieux organisé, mieux armé et plus conscient de ses droits ». Il a rappelé que cette unité, née en réponse aux manœuvres espagnoles de division en 1975, reste le socle de la résistance sahraouie.
Mourir unis que vivre divisés
Le peuple sahraoui, a souligné le diplomate, poursuit sa lutte avec une détermination et une vigueur inchangées. «La période actuelle représente un moment critique, non seulement pour le Sahara occidental occupé, mais également pour l’ensemble de la région. Le colonisateur marocain, avec la complicité de ses alliés, cherche à imposer un fait accompli colonial», a-t-il indiqué.
«Nous avons levé le slogan : Nous préférons mourir unis que vivre divisés, et nous continuerons notre lutte politique, juridique et militaire pour arracher notre droit légitime», a-t-il martelé.
Un processus bloqué
Concernant le processus onusien, l’ambassadeur a évoqué le gel du référendum d’autodétermination pourtant convenu avec le Maroc et inscrit dans les missions de la MINURSO, aujourd’hui paralysée. Il a dénoncé le retrait marocain de l’accord dès l’an 2000, après la publication des listes électorales provisoires, et fustigé les blocages imposés par certaines puissances au sein du Conseil de sécurité.
L’ambassadeur sahraoui a par ailleurs abordé la décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) du 4 octobre 2024, interdisant tout accord commercial entre l’UE et le Maroc incluant les territoires sahraouis sans l’accord du représentant légitime du peuple sahraoui.
De nouvelles procédures judiciaires
Qualifiant d’illégal l’accord temporaire signé par la Commission européenne avec Rabat, il a annoncé que le Front Polisario engagera de nouvelles procédures judiciaires, et réclamera des compensations pour l’exploitation illégale des ressources naturelles du Sahara occidental.
Enfin, Khatri Addouh a dressé un sombre tableau de la situation dans les territoires occupés : disparitions forcées, arrestations arbitraires, torture, condamnations à mort, et un blackout médiatique total. Il a dénoncé l’interdiction faite aux observateurs internationaux, journalistes et ONG d’accéder à ces territoires.
Il a également critiqué l’absence de mandat pour les droits humains dans les attributions de la MINURSO, soulignant que cette lacune laisse le champ libre aux violations systématiques.
Islam K.
