La Banque d’Algérie (BA) a introduit, à travers deux notes adressées aux banques les 15 et 16 décembre, de nouvelles modalités pour l’obtention de l’allocation touristique, accordée une fois par an aux voyageurs.
Dans un premier temps, la BA avait précisé la manière dont le citoyen pouvait bénéficier de cette allocation, mais avait omis de traiter le cas des enfants. Vingt-quatre heures après avoir annoncé ces mesures relatives au droit de change, la Banque a publié une seconde note, datée du 16 décembre et signée par la Directrice générale des changes, apportant davantage de précisions.
Désormais, l’encaissement de la contre-valeur en dinars du droit de change relève exclusivement des banques, l’octroi de ce droit étant conditionné à la détention d’un compte bancaire.
Le règlement s’effectue directement auprès de la banque, soit par le bénéficiaire effectif du droit de change, soit par tout résident national au profit de son conjoint ou de ses ayants droit, conformément à l’article 5 de l’instruction nº 05-2025. Ces adaptations visent à rationaliser les circuits de paiement et à permettre aux banques d’assurer une meilleure gestion des flux financiers liés à ce droit de change.
Cependant, ces mesures initiales ne concernaient ni les mineurs ni les couples ne disposant pas de comptes bancaires, notamment les épouses au foyer. La Banque d’Algérie a donc publié une nouvelle note sur sa page officielle Facebook, précisant que le paiement de la contre-valeur en dinars peut être effectué par le bénéficiaire ou par tout citoyen résident au profit de son conjoint ou de ses ayants droit, conformément à l’instruction nº 17 du 5 mai 2025 et à l’instruction nº DGIG/2025/01 du 15 avril 2025.
Ainsi, dans le cas d’un couple, le conjoint peut encaisser l’allocation touristique de son épouse si celle-ci ne possède pas de compte bancaire, ou celle de ses enfants. Toutefois, la Banque n’a pas précisé si le compte bancaire devait être un compte devises ou si les comptes CCP d’Algérie Poste, notamment ceux détenus par les fonctionnaires du secteur public, sont concernés.
De même, aucune date d’entrée en vigueur de cette nouvelle mesure n’a été communiquée.
Depuis la première note, de longues files d’attente se sont formées dans toutes les agences bancaires du pays, les citoyens cherchant à obtenir des devises en espèces pour les fêtes de fin d’année et les supporters de l’équipe nationale souhaitant se rendre au Maroc pour la Coupe d’Afrique de football, qui débute le 21 décembre.
Afin de limiter les fraudes constatées, la Banque d’Algérie a également instauré de nouvelles dispositions obligeant toute personne souhaitant bénéficier du droit de change à disposer d’un compte bancaire et à effectuer le paiement du montant fixé à 750 euros exclusivement par chèque bancaire ou carte bancaire CIB, excluant le paiement en espèces.
Par ailleurs, le ministre de l’Intérieur et des Transports, Saïd Sayoud, a indiqué lors des débatssur l’amendement de la loi sur la circulation à l’Assemblée nationale que plus de 100 000 casde fraude avaient été enregistrés en un mois et demi, notamment via des voyages fictifs vers laTunisie par bus. La Banque d’Algérie multiplie ainsi les mesures pour lutter contre la fraudeliée à l’allocation touristique, dont le montant s’élève à 750 euros.
Mahmoud Tadjer
