Le ministre de l’Éducation nationale et le Secrétaire général de l’ONEC (Office national des examens et concours) ont réfuté, jeudi, toute «polémique» concernant le contenu ou la difficulté des sujets du baccalauréat, notamment ceux de philosophie. Les épreuves se sont basées uniquement sur les cours figurant au programme, en s’assurant de surcroît qu’ils «ont été réellement donnés en classe».
Le «sentiment » qui voudrait que les sujets aient été «excessivement difficiles» aurait pour principale origine, selon les responsables du secteur et l’Union des parents d’élèves, les «fausses attentes» de certains élèves. Ces dernières ayant été induites en erreur par des rumeurs et de «prétendues prévisions» partagées sur les réseaux sociaux. En effet, dans sa déclaration, jeudi dernier, à l’issue des 44 jours de quarantaine imposés aux inspecteurs de l’Education chargés de la rédaction des sujets, le ministre Mohamed Seghir Saâdaoui a rappelé que la préparation des sujets obéit à des normes précises. Ainsi, en saluant tous ceux qui ont contribué à la réussite de l’épreuve du Bac, le ministre a déclaré : «Les sujets ont respecté les normes, ils sont basés sur les seuls cours inscrits au programme», mais aussi sur «ce qui a réellement été enseigné aux élèves durant l’année scolaire». De son côté, le S.G. de l’ONEC, Abdelmadjid Belkacemi, a souligné qu’aucun sujet «n’est sorti du cadre du programme scolaire».
Il a ajouté dans cette logique, en marge de la cérémonie organisée en fin d’après-midi à Kouba (Alger), au niveau du centre de l’ONEC, que les questions choisies pour le Bac 2025 se sont même révélées relativement «faciles et à la portée de tous». Par ailleurs, le premier responsable de l’ONEC a estimé que les avis partagés par un élève ou un non-spécialiste restent par nature subjectifs. «Les enseignants de chaque matière sont les plus à même d’évaluer la difficulté ou la facilité du sujet, et non les candidats ou l’opinion publique», a-t-il argué. Abdelmadjid Belkacemi a dénoncé également le phénomène des «prévisions de sujets», comme un véritable «pari» qui ne repose sur aucun élément concret. Ainsi, le responsable rappelle que l’ONEC prépare plusieurs sujets «puis l’un d’eux est tiré au sort». Dans ces conditions, suivre une quelconque «prévision» est «un comportement erroné, qu’il faudra éviter à l’avenir». Les élèves et candidats doivent se concentrer, selon lui, sur l’ensemble des leçons présentées par les enseignants, sans se fier à des prévisions infondées.
De son côté, l’Union Nationale des Parents d’Élèves, dans un communiqué daté du mercredi 18 juin, avait elle aussi dénoncé «la recrudescence du phénomène des prévisions» des sujets. «Une mode» apparue ces dernières années, notamment à cause des réseaux sociaux. Ainsi, l’association constate que ces rumeurs «incitent les élèves à concentrer leurs révisions sur un nombre limité de cours (…) ce qui est contraire à l’objectif d’un examen tel que le baccalauréat». Par conséquent, l’Union des parents d’élèves réclame aujourd’hui que des mesures soient prises. «Nous invitons les autorités compétentes à multiplier les campagnes de sensibilisation sur les dangers de ce phénomène (…) Des actions doivent être lancées pour stopper la diffusion de ces rumeurs qui portent atteinte à la crédibilité des examens», a-t-elle écrit.
Un «grand nombre» d’absences
Sur un tout autre plan, l’intervention du ministre a également été l’occasion de partager les «chiffres» sur l’édition 2025 du baccalauréat. Mohamed Seghir Saâdaoui, fait savoir que sur les 878 857 candidats inscrits , un nombre relativement important d’absences a été enregistré. «Nous avons constaté 96 000 absences dès le premier jour», lance le ministre avant de préciser qu’ «il s’agit en grande majorité de candidats libres». Quant aux cas de triche, leur nombre est «très limité», a rassuré le ministre. «Le nombre est presque marginal (…) Le baccalauréat 2025 s’est déroulé dans d’excellentes conditions, à la grande satisfaction des candidats», a-t-il confié. Le ministre a, dans ce sens, remercié les institutions et autorités qui ont participé à l’organisation du baccalauréat, notamment les services de sécurité.
Ces derniers ont «assuré la surveillance des centres d’examens» et de l’espace cyber contre les intrusions, ou la diffusion des sujets». Une action nécessaire afin, a-t-il dit, de garantir «le droit des élèves et candidats qui ont fourni d’importants efforts».
Nadir K.