Une initiative qui soulève de nombreuses interrogations sur ses répercussions pédagogiques.
L’avancement de la tenue des examens du troisième trimestre pour l’année scolaire 2025-2026 continue de faire polémique. Annoncée à travers deux communiqués officiels du ministère de l’Éducation nationale, datés des 18 et 24 mars 2026, cette décision suscite une vive inquiétude chez les élèves et leurs parents.
Dans son premier communiqué, daté du 18 mars 2026 et intitulé «Concernant la modification du calendrier des examens du troisième trimestre pour l’année scolaire 2025-2026», le ministère justifie cette réorganisation par «la bonne préparation à l’organisation des examens scolaires nationaux (brevet d’enseignement moyen et baccalauréat, session 2026), ainsi que la volonté d’assurer le bon déroulement de la fin de l’année scolaire».
Le calendrier y est clairement détaillé : l’évaluation des acquis du cycle primaire est fixée aux 3, 4 et 5 mai 2026, tandis que l’évaluation de fin des premier et deuxième cycles du primaire aura lieu les 4 et 5 mai 2026. Les examens du troisième trimestre pour tous les niveaux d’enseignement sont programmés du dimanche 10 mai au jeudi 14 mai 2026. Quant aux examens de rattrapage, ils se tiendront, comme prévu, les 22 et 23 juin 2026.
Des précisions pour les classes d’examen
Quelques jours plus tard, le 24 mars 2026, un second communiqué est venu préciser davantage cette organisation. Intitulé
«Concernant l’organisation des examens du troisième trimestre (expérimentaux) au profit des élèves de 4e année moyenne et de 3e année secondaire», il introduit un calendrier spécifique pour les classes concernées par les examens nationaux.
Ainsi, les élèves de 4e année moyenne passeront leurs examens expérimentaux du 3 au 5 mai 2026, tandis que ceux de 3e année secondaire les passeront du 3 au 7 mai 2026. Le ministère réaffirme également le calendrier global : les examens du troisième trimestre pour les autres classes du collège et du secondaire auront lieu du 10 au 14 mai 2026, l’évaluation des acquis du primaire se déroulera selon les dates précédemment annoncées, le brevet d’enseignement moyen (BEM) est prévu du 19 au 21 juin 2026 et le baccalauréat du 7 au 11 juin 2026, avec des épreuves de rattrapage maintenues aux 22 et 23 juin 2026.
Pression accrue sur les élèves
Derrière ces ajustements de calendrier, un facteur stratégique a largement influencé l’avancement des examens : les établissements scolaires doivent être libérés suffisamment tôt pour accueillir les bureaux de vote lors des élections législatives prévues en juin 2026.
Cette contrainte administrative a donc conduit le ministère à avancer certaines épreuves, ajoutant une dimension logistique à une année scolaire déjà perturbée. Entre les vacances prolongées, les jours fériés comme le 1er novembre, le Nouvel An et Yennayer, ainsi que les interruptions liées aux conditions climatiques, les élèves ont disposé de moins de temps de cours effectif pour se préparer.
Cette avancée des examens crée une pression considérable pour les élèves, qui n’ont pas eu suffisamment de temps pour assimiler l’ensemble du programme. Les nombreuses interruptions scolaires — vacances prolongées, jours fériés et conditions climatiques — ont réduit le temps effectif d’enseignement, laissant de larges lacunes dans les connaissances à acquérir avant les évaluations. Le calendrier accéléré des examens ne laisse que très peu de marge pour réviser correctement, obligeant les élèves à combler rapidement un retard accumulé sur plusieurs mois.
Dans ce contexte, la préparation devient particulièrement difficile et stressante, et la réussite aux examens risque d’être compromise, non pas par un manque d’effort des élèves, mais par l’insuffisance de temps consacré à l’étude et à la consolidation des acquis.
K. Zemmouri
