Le procès en appel de l’écrivain Belghit Mohamed, poursuivi pour atteinte à l’unité nationale et aux symboles de l’État, doit se tenir aujourd’hui, sauf nouveau report.
Par Redouane Hannachi
Initialement programmé le 30 septembre, le dossier avait été renvoyé en raison de l’indisponibilité de la présidente de la 10e chambre, absente pour un congé exceptionnel suite à un deuil familial. L’affaire aurait dû être examinée dès le 13 août dernier. Mais l’audience avait tourné court : le prévenu n’avait pas été transféré de la prison de Koléa, son nom ne figurant pas sur la liste des détenus concernés par le déplacement vers le tribunal de Dar El Beïda, relevant de la cour d’Alger. En première instance, le 3 juillet dernier, le tribunal correctionnel de Dar El Beïda avait condamné Belghit Mohamed à cinq ans de prison ferme et à une amende d’un million de dinars. Le jugement précisait également que le Trésor public pouvait se constituer partie civile à tout moment pour réclamer réparation des préjudices matériels causés. Le tribunal avait reconnu l’écrivain coupable de propos jugés diffamatoires, incitant à la haine et attentatoires à l’unité nationale. Le parquet, pour sa part, avait requis une peine plus lourde : sept ans de prison ferme assortis d’une amende de 500 000 dinars.
Dans son réquisitoire, le procureur avait estimé que les charges étaient établies et démontraient l’intention claire du mis en cause de nuire à autrui. La défense, conduite par Me Amara Abdelhamid, avait plaidé l’innocence de l’écrivain. Les avocats ont soutenu que la vidéo à l’origine des poursuites avait été diffusée de manière tronquée, son contenu ayant été « censuré et coupé », ce qui aurait altéré le sens des propos et leur interprétation. Interrogé à la barre, Belghit Mohamed s’était exprimé avec force : « Je suis fier d’être Algérien. J’aime mon pays et je ne peux pas vivre sans lui. Les Kabyles sont mes frères et mes sœurs, ils ont lutté pour que l’Algérie reste debout. Le mot que j’ai employé a été mal interprété.
Je demande pardon à tous ceux et celles qui se sont sentis offensés.» C’est donc sous une forte attente que se tiendra aujourd’hui, sauf report, l’audience en appel, où la défense espère obtenir la relaxe, tandis que le parquet entend confirmer, voire alourdir, la peine prononcée en première instance.
R.H.
