Les magistrats de la Cour suprême ont cassé et renvoyé le dossier devant le tribunal criminel d’Alger car ils ont jugé que les vices de forme discutés par les avocats de la défense sont acceptables. Les juges de la plus haute institution judiciaire ont jugé que les questions posées lors des débats ne sont pas spécifiées. Pour rappel, le dossier a été jugé par le président du tribunal criminel d’Alger M.Tayeb Hellali qui a condamné après les délibérations, trois accusés à dix ans de réclusion criminelle et acquitté deux autres impliqués dans le meurtre d’un charlatan camerounais dans la localité d’El Doum (Bordj El Kiffan). Les faits de cette regrettable affaire remontent au 27 mars 2013 lorsque les éléments de la sûreté urbaine de la cité Faizî de Bordj El Kiffan, ont reçus une communication téléphonique faisant état que quatre individus à bord d’un véhicule de marque Seat Ibiza, ont agressé un jeune de nationalité camerounaise, le blessant mortellement en lui assenant 17 coups de couteau dans différentes parties de son corps.
Aussitôt alertés, les enquêteurs se sont immédiatement rendus sur les lieux où ils ont fait la découverte macabre du corps de la victime gisant dans une mare de sang. Sans tarder, ces derniers ont tenu à informer le procureur de la République près le tribunal d’El Harrach de l’époque qui leur a donné de fermes directives pour l’ouverture d’une enquête judiciaire et ce dans le but de procéder à l’arrestation des mis en causes. En un laps de temps record, les investigateurs ont pu mettre la main sur les présumés auteurs après avoir arrêté le chauffeur clandestin S.M.F, dans un barrage fixe que dressent quotidiennement les policiers. Emmené au commissariat du quartier où un procès-verbal a été établi, l’inculpé n’a pas tardé à dénoncer ses complices au nombre de quatre. Arrêtés, trois des cinq incriminés ont avoué leur forfait en déclarant aux investigateurs avoir participé au crime en portant notamment à leur victime pas moins de 17 coups de couteaux. Les deux autres ont avoué avoir été au courant de l’agression musclée dont a été victime le camerounais dont B. Mustapha qui a fixé rendez-vous à la victime tout en sachant qu’elle allait être non seulement agressée mais aussi assassinée. Présentés devant le procureur de la République, ce dernier a sollicité à son collègue de l’instruction judiciaire l’ouverture d’une enquête et l’emplacement des mis en cause sous détention provisoire sous les chefs d’inculpation d’homicide volontaire avec préméditation et guet-apens. Lors de leurs auditions, les inculpés ont tenté de faire croire au magistrat instructeur chargé du dossier qu’ils ont fait l’objet d’une «escroquerie intellectuelle de la part de la victime».
Quelques jours plus tard, les juges de la chambre d’accusation près la cour d’Alger ont confirmé toutes les ordonnances du juge d’instruction en décidant de déférer, les inculpés devant le tribunal criminel d’Alger pour répondre des graves accusations qui pèsent sur eux. Interrogé, le principal inculpé D. Samir a affirmé au président que la victime l’aurait escroqué en lui faisant croire qu’il était en mesure de transformer 100 millions de centimes en euros. «J’ai assisté du début à la fin de l’opération de la transformation de mon argent. Une fois chez-moi je me suis rendu compte que l’argent avait perdu toute sa couleur», a-t-il assuré. Il a par ailleurs indiqué qu’il a tout fait pour récupérer ces 100 millions de centimes mais la victime ne l’entendait pas de cette oreille allant jusqu’à lui porter des coups et de le blesser. «Suite à quoi, j’ai fait appel à des amis », a-t-il avoué. Il a en outre déclaré : «Je ne voulais pas le tuer, je voulais seulement récupérer mon argent, je n’avais pas l’intention d’attenter à la vie du Camerounais». Le procureur général a requis la peine capitale (peine de mort) à l’encontre des accusés estimant que toutes les preuves légales et matérielles relatives à l’accusation sont formelles notamment en ce qui concerne l’intention criminelle des inculpés.
Le procureur a par ailleurs affirmé que chacun des mis en cause avait un rôle à jouer dans cette scabreuse affaire, y compris le chauffeur clandestin qui a procédé au déplacement de ses complices et d’un autre qui a pris le soin d’appeler la victime pour l’attirer vers les lieux du drame. Les avocats de la défense n’ont fait à leur tout que solliciter l’application des articles ayant trait aux circonstances au profit de leurs clients.
R.H.