Le Premier ministre, chef du Gouvernement de la République du Mali, Abdoulaye Maïga, est arrivé, ce lundi, en Algérie, pour une visite de travail, à la tête d’une importante délégation.
Le Premier ministre, chef du Gouvernement malien a été accueilli, à son arrivée à l’aéroport international Houari-Boumediene, par le Premier ministre, Sifi Ghrieb.
Cette visite s’inscrit dans le cadre de la dynamique visant à renforcer les liens de coopération et les relations historiques entre l’Algérie et la République du Mali, en accord avec l’esprit de fraternité, de bon voisinage et de respect mutuel.
Cette visitei ntervient à un moment charnière pour les relations algéro-maliennes. Après plusieurs mois de tensions, les deux voisins affichent leur volonté de rétablir le dialogue et de reconstruire une coopération appelée à s’étendre de l’économie aux infrastructures transsahariennes et aux enjeux sécuritaires et marque une volonté affichée de renouer le dialogue et de remettre les relations bilatérales sur une trajectoire plus constructive.
Le déplacement à Alger d’Abdoulaye Maïga s’inscrit dans le prolongement de l’entretien téléphonique du 9 août entre les deux Premiers ministres. Les échanges avaient alors permis d’afficher une volonté commune de donner une nouvelle impulsion aux relations entre les deux pays et de relancer leur coopération.
Alger et Bamako avaient notamment insisté sur l’importance du dialogue, du bon voisinage et de la stabilité du Sahel. Cette reprise du contact s’est accompagnée de premiers gestes concrets, parmi lesquels le retour des ambassadeurs et la réouverture des espaces aériens.
Ces mesures constituent les premiers signes d’une normalisation progressive. Reste désormais à transformer l’accalmie diplomatique en coopération effective.
Le transport et le commerce au cœur des enjeux
La reprise des liaisons aériennes représente un premier levier pour faciliter les déplacements des opérateurs économiques, des hommes d’affaires et des délégations officielles. Elle doit également contribuer à rétablir les flux de fret et les connexions régionales à travers Alger.
Le potentiel des échanges ne se limite, toutefois, pas au transport aérien. Avec une frontière terrestre d’environ 1 376 kilomètres, l’Algérie et le Mali disposent d’un espace important pour développer le commerce frontalier et les échanges terrestres.
La priorité sera notamment d’améliorer les infrastructures aux frontières, de fluidifier les procédures douanières et de sécuriser les circuits d’approvisionnement. Pour l’Algérie, le marché malien pourrait offrir des débouchés supplémentaires à plusieurs secteurs, notamment l’agroalimentaire, les matériaux de construction, les médicaments, les équipements électriques et les biens d’équipement.
La Route transsaharienne, un corridor à valoriser
La Route transsaharienne figure parmi les projets susceptibles de donner une dimension économique durable au rapprochement entre les deux pays.
Lors de sa 77e session, organisée à Alger en juin 2026, le Comité de liaison de la Route transsaharienne a placé au centre de ses travaux la transformation de cette infrastructure en véritable corridor économique et son rôle dans le développement des échanges entre les pays concernés.
Le réseau comprend notamment l’axe Alger-Lagos ainsi qu’une branche reliant Tamanrasset à Bamako. Selon le Comité de liaison, l’ensemble du réseau est réalisé à plus de 90%.
Pour le Mali, pays enclavé, cette connexion pourrait renforcer l’accès aux marchés et aux ports méditerranéens. Pour les entreprises algériennes, elle représente à l’inverse une ouverture vers le marché malien et, au-delà, vers les économies du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest.
Le numérique, le commerce et la sécurité
La coopération algéro-malienne pourrait s’appuyer davantage sur le numérique, notamment grâce à la dorsale transsaharienne en fibre optique, qui favoriserait les services numériques, le commerce électronique et les échanges de données.
Malgré leur proximité, les échanges commerciaux restent en deçà du potentiel des deux pays. Les insuffisances logistiques, les difficultés de financement et les risques sécuritaires freinent les investissements et la circulation des marchandises. Le développement d’un commerce frontalier mieux organisé pourrait toutefois dynamiser les échanges, notamment dans le Sud algérien.
La sécurité demeure enfin une condition essentielle de cette relance. Une meilleure coordination entre Alger et Bamako sur les frontières, la circulation et la sécurisation des axes pourrait contribuer à rétablir un environnement plus favorable aux échanges et aux investissements.
De la normalisation à une coopération concrète
Bamako et Alger cherchent désormais à tourner la page des tensions pour reconstruire une relation fondée sur le respect mutuel, la non-ingérence et des intérêts communs. Au-delà du rappel de leurs liens historiques, l’enjeu est de donner un contenu concret à ce rapprochement : relance des échanges, transports, sécurisation des corridors, investissements et projets transsahariens. La réussite de cette nouvelle dynamique dépendra donc moins des déclarations que de résultats tangibles et d’une coopération durable, adaptée aux nouveaux équilibres du Sahel.
Assia M.
