Dans son allocution, adressée le 17 mai dernier aux participants aux travaux de la 5e session du Sommet arabe du développement économique et social, organisé dans le cadre de la 34 e session du Sommet arabe tenu en Irak, le président de la République Abdelmadjid Tebboune, a affirmé que l’Algérie insiste sur la nécessité pour « les Etats arabes de ne pas rester à la traîne des révolutions actuelles, notamment dans les domaines des énergies renouvelables, de la numérisation, de l’intelligence artificielle, de la robotique et des nanotechnologies ».
Tant les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) ont des implications au niveau de la gouvernance sécuritaire. Une Algérie consciente que la force d’une nation repose sur celle de son armée. Dans ce cadre, l’Armée nationale populaire (ANP) a réalisé des avancées notables dans la modernisation de ses structures et équipements. Des progrès fruit d’une stratégie globale articulée autour de la formation, de l’acquisition de technologies de pointe et d’un entraînement opérationnel intensif. Dans cette optique, le général d’armée, Saïd Chanegriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’ANP, a souligné la nécessité d’adapter « la formation aux nouvelles technologies modernes » soulignant qu’ « au sein de l’Armée nationale populaire, nous sommes pleinement conscients de l’importance de la mutation radicale de la nature et du théâtre des batailles modernes ».
Néanmoins, l’ANP y gagnerait davantage en poursuivant sa quête du savoir scientifique et des connaissances militaires, en œuvrant à la maitrise des technologies modernes de manière à donner plein sens au concept de la professionnalisation. Condition sine qua none afin d’être au diapason des défis de l’heure et du développement accéléré que connait le domaine de la technologie et de la maîtrise des systèmes d’armes de haute technologie.
De la politique de ses moyens à la politique des résultats
Pour ce faire, le Haut-commandement de l’ANP n’a pas lésiné sur les moyens en dotant les Forces armées en équipements et moyens parmi les plus modernes afin qu’elles soient à la hauteur des missions qui leur sont confiées. Dans cette optique, l’ANP, garante de la préservation de la souveraineté nationale, s’est vu allouer par le projet de loi de Finances 2025, un budget qui dépasse pour la première fois le plafond de 22,5 milliards de dollars. Cette dotation budgétaire traduit l’intérêt qui correspond à la contribution inestimable et irremplaçable qu’apporte l’ANP au développement du pays, dans un climat régional d’instabilité sécuritaire et de menaces aux frontières du pays. Un investissement conséquent intervenant dans le cadre d’une stratégie à long terme proposant un renforcement cohérent adapté aux nouvelles donnes de la conjoncture, aussi bien actuelle que future, par la prévoyance et l’anticipation pour consolider sa sécurité régionale et même mondiale. Un investissement, néanmoins, loi de ceux de certains pays. A titre illustratif, en 2023, le budget militaire des États-Unis a atteint un nouveau record : environ 916 milliards de dollars alloués, soit 3,4 % du PIB américain, selon le Sipri. Tandis que la Chine a consacré quelque 296 milliards de dollars pour son budget militaire en 2023, soit environ 1,7 % du PIB chinois, selon, toujours, une estimation du Sipri. Des chiffres que les ennemis de l’Algérie feignent de voir.
Une industrie militaire adaptée
L’ANP axe sa stratégie de développement de l’appareil de Défense nationale sur le renforcement des capacités opérationnelles des différentes forces armées en investissant aussi bien dans la ressource humaine que dans les équipements et les technologies de pointe. Et cela grâce à la mise en place les fondements d’une industrie militaire nationale adaptée aux exigences de la défense et de la sécurité. Une démarche visant à augmenter la disponibilité de des forces armées et satisfaire progressivement leurs besoins opérationnels, en concordance avec les spécificités algériennes et sa doctrine de défense, et ce, dans un contexte régional instable et une situation internationale, chargée de nouveaux défis et menaces. « Ce contexte nous interpelle pour compter sur nos capacités nationales propres et sur les bras de nos enfants qui croient en les aptitudes de leur pays et son droit légitime de disposer des éléments de puissance et des moyens de préservation de son indépendance et de sa souveraineté nationale et de renforcer sa place dans le giron des nations», a souligné, à ce sujet, le général d’Armée, Saïd Chanegriha. Sur ce point, l’ANP a démontré qu’elle a tous les atouts pour développer sa propre industrie militaire, aussi bien sur le plan de la production de l’armement que sur la logistique, d’où la tendance vers l’indépendance, mettant à rude épreuve de nombreux pays producteurs d’armes. Plusieurs armes et équipements militaires sortis droit des usines algériennes récemment ont été présentés lors de la 56e édition de la Foire internationale d’Alger (FIA). Des produits reflétant le haut niveau de professionnalisme de l’industrie militaire, notamment dans les domaines mécanique et électronique et des technologies modernes. En somme, une vitrine d’un tournant économique majeur.
Badis B.