Considéré par la justice française comme une figure importante du réseau, Djamel Djeha a été interpellé par les autorités algériennes dans le cadre d’une coopération judiciaire relancée entre Alger et Paris.
En quelques jours, les services de sécurité algériens ont procédé à l’arrestation de plusieurs figures présumées liées au réseau du narcotrafic Dz mafia, actif notamment à Marseille. Après l’interpellation, en juillet dernier, de Mehdi Laribi, présenté comme l’un des cofondateurs présumés du groupe, les autorités algériennes ont arrêté, le 3 août, Djamel Djeha, un trafiquant marseillais considéré par les autorités françaises comme un cadre important du réseau.
L’information, révélée par RTL et confirmée par le garde des Sceaux Gérald Darmanin, intervient dans un contexte de reprise de la coopération judiciaire entre la France et l’Algérie. Sur le réseau social X, le ministre français de la Justice a salué cette nouvelle opération, qu’il présente comme un signe de «coopération relancée» entre les deux pays dans la lutte contre la criminalité organisée.
«Un nouveau cadre du narcotrafic et cible prioritaire de la justice française a été interpellé en Algérie par les autorités algériennes. Merci à elles pour cette coopération relancée au service de la sécurité de nos deux pays», a déclaré Gérald Darmanin.
Djamel Djeha est notamment connu comme le frère de Mohamed Djeha, surnommé Mimo, dont le nom apparaît dans plusieurs dossiers liés au trafic de stupéfiants à Marseille. Depuis son arrestation en Algérie, il y a quelques jours, il a été placé sous contrôle judiciaire, alors qu’un mandat d’arrêt avait été délivré à son encontre par des juges d’instruction du parquet de Marseille dans le cadre de l’enquête baptisée «Empire».
Cette enquête porte sur les activités criminelles présumées au sein de la cité de La Castellane, à Marseille, et sur les structures liées au réseau de narcotrafic qui y opéraient. En avril 2025, un important coup de filet avait conduit à l’interpellation de 23 personnes, dans le cadre du démantèlement d’un réseau considéré comme proche de la Dz Mafia, notamment sur le plan logistique.
Une coopération judiciaire renforcée
L’arrestation de Djamel Djeha intervient après la visite à Alger, en mai dernier, de Gérald Darmanin, qui avait notamment évoqué avec les autorités algériennes la lutte contre les réseaux de narcotrafic opérant entre les deux pays.
Après plusieurs mois de tensions diplomatiques, une amélioration des relations franco-algériennes semble s’être engagée. La justice française aurait transmis aux autorités algériennes plusieurs demandes d’entraide judiciaire visant des responsables présumés de la Dz Mafia susceptibles de se trouver sur le territoire algérien.
Les autorités françaises peuvent demander le transfert d’une procédure judiciaire afin que la personne concernée soit poursuivie en Algérie. Cette possibilité est particulièrement importante dans les dossiers impliquant des personnes disposant de la nationalité algérienne, car les règles d’extradition prévoient généralement qu’un État n’extrade pas ses propres ressortissants.
La convention d’extradition signée entre l’Algérie et la France le 27 janvier 2019, entrée en vigueur en juillet 2021, prévoit, toutefois, un renforcement de la coopération judiciaire entre les deux pays. Elle permet notamment l’échange d’informations, les demandes d’arrestation provisoire et la remise de personnes recherchées pour certaines infractions.
Dans les faits, lorsqu’une extradition n’est pas possible en raison de la nationalité de la personne arrêtée, les autorités du pays concerné peuvent engager des poursuites sur leur propre territoire à partir des éléments transmis par l’autre État.
L’arrestation de plusieurs figures présumées liées à la criminalité organisée en Algérie illustre ainsi une volonté commune de renforcer la coopération policière et judiciaire entre Paris et Alger, malgré les difficultés juridiques liées notamment aux situations de double nationalité.
H. Adyen
