Le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a appelé dans la nuit de jeudi à vendredi à une enquête « indépendante, impartiale et rapide » devant faire la lumière sur les circonstances de la mort, sous les balles des gendarmes, de trois Marocains. Un appel qui sonne comme un ultimatum au Makhzen.
Dans sa première déclaration officielle, le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a exprimé sa profonde inquiétude et son profond regret face aux violences qui ont accompagné les récentes manifestations pacifiques au Maroc,.
Dans un communiqué lu par son porte-parole adjoint, Farhan Haq, le chef de l’ONU a affirmé que la protestation pacifique est un droit fondamental qui ne saurait être bafoué, soulignant la nécessité de protéger ce droit contre toute forme de répression ou de violence excessive. A cet égard, le Secrétaire général a mis en garde contre la gravité de la violation de l’intégrité des vies humaines et des biens lors de tels événements, précisant que la poursuite de ces pratiques risque d’aggraver la tension et de saper la confiance entre les citoyens et les autorités. Devant cet état de fait, Antonio Guterres a également appelé à l’ouverture d’une enquête urgente et transparente pour faire la lumière sur les circonstances ayant conduit à la mort des victimes, et à tenir les responsables de tout abus pour comptables de leurs actes, affirmant que la justice et la transparence sont les seuls moyens de garantir que de telles violations ne se répètent pas. À l’origine de cette mobilisation, le mouvement «Génération Z 212», qui affirme porter des revendications «purement sociales, réalistes et acceptables», notamment après la dégradation du système hospitalier et la situation des services de santé au Maroc.
La protesta se poursuit
Ces déclarations interviennent alors que plusieurs villes marocaines connaissent une vague de protestations sociales, réclamant des réformes économiques et politiques plus larges, dans un contexte de revendications locales et internationales en faveur du respect du droit de manifester pacifiquement et de la liberté d’expression.
Dans une déclaration à la presse, le porte-parole du ministre marocain de l’Intérieur a fait état, mercredi, de 354 blessés, et le placement en garde à vue de 409 personnes. Les protestataires ont été confrontés à une répression massive alors que les manifestations se poursuivent dans plusieurs villes marocaines pour le septième jour consécutif.
Sur le terrain, la manifestation est violemment réprimée. Selon les vidéos mises en ligne, des fourgons de police ont foncé sur la foule blessant grièvement des manifestants, tandis les que les gendarmes ont ouvert le feu sur les manifestants. Entre temps, les arrestations massives se sont poursuivies au même titre que les détentions arbitraires.
Appel à la démission du gouvernement
Le collectif « GenZ 212 » a appelé dans la nuit de jeudi à vendredi à la démission du gouvernement. « Nous demandons la dissolution du gouvernement actuel pour son échec à protéger les droits constitutionnels des Marocains et à répondre à leurs revendications sociales », a déclaré GenZ 212 dans un communiqué adressé au roi du Maroc, Mohammed VI, appelant aussi à l’ouverture d’un « processus judiciaire équitable » pour poursuivre les responsables de corruption. Le collectif dénonce un gouvernement qui a échoué « à protéger les droits constitutionnels des Marocains et à répondre à leurs revendications sociales ». Il réclame aussi des poursuites judiciaires contre les personnes impliquées dans la corruption.
L’omerta de la presse internationale
Le fait marquant reste le silence troublant de la presse internationale, notamment française. Et pour que les intérêts passent en premier lieu. Tandis que la presse proche du Makhzen accuse désormais Gen Z212 d’encourager la violence, alors que le gouvernement garde le silence.
D’autant qu’entre-temps, le roi Mohammed VI continue d’ignorer complètement la révolte des jeunes et la répression sanglante des forces de sécurité. Il préfère commémorer le 27e anniversaire de la disparition de son père Hassen II. Les morts ont plus d’importance que les condamnés à vivre pour paraphraser Jack London.
Synthèse Badis B.