Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports a révélé que le gouvernement examine actuellement un projet visant à organiser le transport via les applications mobiles.
Le texte devrait être présenté dès la semaine prochaine, avant d’être transmis ultérieurement à l’APN pour enrichissement et débat.
Le secteur du transport en Algérie s’apprête à connaître une nouvelle étape structurante.
En effet, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Saïoud, a annoncé l’élaboration d’un texte réglementaire visant à organiser le transport de personnes via les applications électroniques (VTC).
S’exprimant à l’issue d’une séance plénière consacrée aux réponses du gouvernement aux préoccupations et observations des députés de l’Assemblée populaire nationale (APN), dans le cadre de l’examen du projet de loi portant Code de la route, le ministre a précisé que le « texte est actuellement à l’étude au niveau des services compétents».
Cette démarche vise « à encadrer cette activité émergente et de l’intégrer pleinement au cadre légal existant», dans le cadre de la modernisation du secteur et d’adaptation aux nouvelles formes de mobilité. Selon le ministre, le texte devrait être présenté dès la semaine prochaine, avant d’être transmis ultérieurement à l’APN pour enrichissement et débat.
Le ministre a fermement défendu la réglementation du transport via les applications numériques, soulignant que la création de nouvelles formules de transport est de nature à faciliter la vie des citoyens. Evoquant le projet de loi sur la circulation routière, Said Sayoud a indiqué que le texte prévoit la responsabilisation pénale et civile de l’ensemble des parties impliquées dans les accidents de la route, ainsi qu’une révision à la baisse des amendes afin de concilier efficacité répressive et considération sociale.
Plaidoyer pour Air Algérie
Dans ses réponses, le ministre a vivement remis en cause certaines déclarations de députés visant la compagnie Air Algérie, estimant qu’elles portent atteinte à l’image de l’État et de ses institutions.
Il a affirmé que la défense de la compagnie nationale relève d’un devoir national.
Qualifiant Air Algérie de l’une des principales compagnies aériennes du continent africain, aux côtés d’Ethiopian Airlines et d’EgyptAir, le ministre a insisté sur la nécessité de soutenir les institutions de l’État plutôt que de les fragiliser. Selon lui, ces critiques profitent davantage aux compagnies étrangères qu’aux intérêts du pays.
Abordant la question des tarifs, Saïd Sayoud s’est dit disposé à engager une comparaison objective avec les prix pratiqués par les compagnies européennes desservant l’Algérie. Le ministre a par ailleurs affirmé que tout responsable défaillant doit rendre des comptes, y compris au plus haut niveau.
Trois nouveaux avions attendus
Dans le cadre du renforcement de la flotte de la compagnie, le ministre a annoncé la réception prochaine de trois avions de grande capacité avant la fin de l’année. Le ministre a précisé que ce programme prévoit l’acquisition de 18 avions long-courriers.
Concernant l’acquisition de seize avions de type ATR, le ministre a indiqué que leur livraison est prévue à partir du mois de juin prochain, relevant que ces appareils viendront renforcer les liaisons intérieures entre le Nord, le Sud et les Hauts Plateaux.
Une ligne maritime Annaba-Tunis
Abordant le dossier du transport maritime, le ministre a rappelé que «sur douze cargos, dix sont déjà entrés en service, en attendant les autres avant fin janvier prochain».
Dans ce cadre, le ministre a fait état d’une proposition de création d’une ligne maritime Annaba-Tunis, précisant avoir convenu avec son homologue tunisien de «la création d’une société mixte avec des navires affrétés» et de «la mise en place d’un groupe de travail pour étudier le projet», parallèlement à «un autre projet en cours d’examen avec le Sultanat d’Oman».
1,4 milliards de dollars pour de nouveaux trains
Concernant le transport ferroviaire, le ministre a indiqué que le secteur dispose d’un programme de travail visant à développer ce mode de transport à travers l’acquisition de nouvelles rames.
Il a précisé, dans ce cadre, que des voitures pour le transport des voyageurs et des marchandises seront acquises, en plus de locomotives de traction de différents types, ajoutant que les locomotives destinées au complexe minier de Gara Djebilet auront une « forte capacité de traction ».
Et d’affirmer que « le président de la République a alloué une enveloppe d’un montant de 180 milliards de DA pour l’acquisition de nouveaux wagons et locomotives », soit près de 1,4 milliard de dollars. A cet égard, un appel d’offre international sera lancé dans quelques jours, le cahier des charges, étant d’ores et déjà prêt. Si les livraisons de ces trains s’effectuent dans les délais impartis, a indiqué le ministre, le problème sera résolu progressivement et la situation s’améliorera davantage.
L’importation de bus ouverte
Par ailleurs, le ministre a affirmé que toute personne souhaitant acquérir de nouveaux bus destinés au transport bénéficiera des facilités nécessaires de la part de l’État.
Il a réitéré la volonté de l’État d’accorder « toutes les facilités nécessaires » à cet effet, précisant également qu’« il n’existe aucun problème concernant l’importation de camions ».
Il a souligné que l’opération d’acquisition de 10 000 bus destinés au transport urbain, périurbain et rural débutera par étapes à partir du mois de janvier prochain jusqu’aux mois de mars ou avril.
Retrait des ralentisseurs anarchiques
Sur un autre registre, le ministre a révélé avoir adressé une correspondance officielle aux walis afin de procéder au retrait des ralentisseurs installés de manière anarchique.
Selon le ministre, 70 % des ralentisseurs sont réalisés par des citoyens sans respect des normes en vigueur. En dépit des correspondances adressées aux walis à ce sujet, il est apparu que ces mesures n’étaient pas suffisantes pour endiguer le phénomène, reconnaît le ministre. Et d’annoncer que les services de son département adresseront de nouvelles correspondances aux walis, en insistant sur le fait que les services des travaux publics sont les seuls habilités à réaliser les ralentisseurs.
Retard dans l’unification des plaques d’immatriculation
En dépit de l’achèvement de sa préparation technique, le lancement officiel du projet d’unification des plaques d’immatriculation des véhicules en Algérie est retardé, a annoncé le ministre.
« Le citoyen algérien est le seul au monde capable d’acquérir un véhicule de luxe d’une valeur de 2 ou 3 milliards en utilisant une licence de moudjahid appartenant à une personne résidant à Tindouf qui ignore tout de la transaction, tandis que le bénéficiaire original de la licence n’est même pas au courant qu’il possède un tel véhicule », a-t-il déploré.
Sur les 12 millions de voitures en circulation, seules 3 millions sont administrativement en règle et ont pu être intégrés au nouveau système de numérotation. Par ailleurs, le ministre a confirmé que le dossier du permis à points, évoqué depuis plusieurs années, n’est toujours pas opérationnel. Selon Said Sayoud, sa mise en place pourrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026,
L’allocation touristique maintenue
Rassurant, le ministre a affirmé qu’il n’y a aucun recul concernant la décision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, relative à l’octroi de l’allocation touristique de 750 euros. Il a précisé que son cadre juridique a été renforcé afin d’éviter qu’elle ne soit détournée à des fins frauduleuses par certains intermédiaires.
Il a ajouté que les cadres juridiques seront renforcés afin d’empêcher le détournement de cette allocation, notamment par l’obligation de disposer d’une carte bancaire, permettant d’assurer un suivi de son utilisation.
Synthèse Badis B.
