La rupture des relations diplomatiques entre l’Algérie et les Émirats arabes unis, entrée en vigueur le 10 septembre 2026, marque l’aboutissement de plusieurs années de tensions entre les deux pays.
Dans une analyse particulièrement virulente, le diplomate algérien Ammar Belani identifie cinq principaux points de friction : l’ingérence présumée dans les affaires intérieures algériennes, le rapprochement entre les Émirats, le Maroc et Israël, la concurrence d’influence au Sahel, l’accueil de personnes recherchées par la justice algérienne et les controverses autour de certains investissements émiratis.
Alger reproche notamment à Abou Dhabi son soutien présumé au MAK, ainsi que la protection accordée à des personnes recherchées dans des affaires financières. Ces accusations relèvent de la position algérienne et ne constituent pas, à elles seules, des faits judiciairement établis au niveau international.
Autre source majeure de tension : le rapprochement stratégique entre Abou Dhabi, Rabat et Tel-Aviv. La coopération militaire et sécuritaire maroco-israélienne, ainsi que le soutien émirati à la position marocaine sur le Sahara occidental, sont perçus à Alger comme une évolution défavorable à ses intérêts stratégiques.
Le Sahel constitue également un terrain de rivalité. L’Algérie entend préserver son influence dans cette région et protéger ses projets stratégiques liés à l’énergie, aux transports et aux télécommunications, alors qu’elle soupçonne les Émirats de chercher à renforcer leur propre réseau d’influence régional.
Sur le plan économique, Alger veut également revoir ses rapports avec les investissements étrangers. Les autorités semblent désormais privilégier les projets créateurs d’emplois, de production locale et de transfert technologique, plutôt que les investissements susceptibles d’être perçus comme des instruments d’influence.
La présence de groupes émiratis, notamment dans la logistique, pourrait ainsi faire l’objet d’un examen accru. La rupture diplomatique n’entraîne toutefois pas automatiquement l’annulation des contrats ou la confiscation des actifs : chaque mesure économique devrait être prise séparément selon le droit applicable.
La décision du 10 septembre constitue donc bien plus qu’une simple crise diplomatique. Elle traduit la volonté d’Alger de lier désormais coopération économique, sécurité nationale et souveraineté politique.
Le message d’Ammar Belani est sans équivoque : l’argent ne donne à aucun État le droit d’exercer une tutelle sur un pays souverain.
R.N
