Après les auteurs d’incendies mortels, les ravisseurs de mineurs et leurs tortionnaires seront désormais concernés par l’exécution de la peine capitale. Le président de la République a ordonné, lors du Conseil des ministres, de ce dimache 06 septembre, de limiter les amendements du Code pénal à deux catégories de crimes.
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné de maintenir dans le projet de révision du Code pénal la possibilité d’appliquer la peine de mort à deux catégories de crimes particulièrement graves : les auteurs et organisateurs d’incendies ayant entraîné des décès, ainsi que les ravisseurs de mineurs et les personnes leur infligeant des sévices. Cette nouvelle orientation marque un élargissement du champ des crimes susceptibles d’être concernés par la peine capitale.
La question avait déjà été remise au premier plan à la faveur de la dernière réunion du Haut Conseil de sécurité, au cours de laquelle le président Tebboune avait ordonné la préparation d’une modification du Code pénal permettant l’application de la peine de mort aux auteurs d’incendies ayant provoqué des décès.
Lors de la réunion du Conseil des ministres, le chef de l’État a précisé que, «en plus de ses précédentes orientations», les modifications du projet de Code pénal devaient se limiter à l’exécution de la peine de mort dans les deux cas cités.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par une forte émotion nationale suscitée par les incendies ayant frappé plusieurs régions du pays et ayant fait plusieurs victimes. Elle intervient également alors que la question de la protection des enfants et de la lutte contre les enlèvements et les violences qui leur sont infligées revient au centre des préoccupations en matière de sécurité et de justice pénale.
Les indemnisations dès cette semaine
L’autre dossier fortement mis en avant par le Conseil des ministres concerne les conséquences des derniers incendies. Le président Tebboune a salué «l’élan de solidarité des enfants de l’Algérie de l’intérieur et de l’extérieur du pays» avec leurs compatriotes sinistrés. Le chef de l’État a estimé que cette mobilisation avait donné l’image d’un peuple «qui s’est tenu comme un seul homme, de l’extrême sud à l’extrême nord et de l’extrême est à l’extrême ouest», offrant ainsi, selon ses termes, «une image éclatante et immaculée de l’Algérie devant le monde».
Tebboune a également rendu hommage aux fonctionnaires, travailleurs et agents mobilisés dans les différents secteurs, notamment la Protection civile, Sonelgaz, Mobilis et les services relevant des Travaux publics. Il a salué leur intervention rapide pour rétablir les conditions normales de vie dans les zones touchées, notamment à travers le rétablissement de l’électricité, de l’eau et d’Internet.
Surtout, le président de la République a ordonné le début du versement des indemnisations dès cette semaine, en insistant sur la nécessité de soustraire les citoyens à toute démarche administrative lourde. Il a ainsi demandé que «le citoyen soit éloigné de toute procédure bureaucratique» dans cette opération.
Le ministre de l’Agriculture a, pour sa part, été chargé d’assurer un suivi direct et sur le terrain des indemnisations dans le secteur agricole, notamment celles destinées aux éleveurs ayant perdu leur cheptel. Le président a insisté sur la nécessité de procéder immédiatement à ces compensations.
L’école à l’abri des idéologies et des conflits politiques
La rentrée scolaire 2026-2027 a également fait l’objet d’instructions précises du chef de l’État. Tebboune a demandé au ministre de l’Éducation nationale de tirer le meilleur parti des acquis enregistrés récemment par le secteur afin d’assurer une rentrée «réussie et distinguée», dans le cadre d’une gestion méthodique et réfléchie privilégiant la qualité et la performance.
Mais c’est surtout sur le caractère pédagogique de l’institution éducative que le président a insisté. Il a ordonné, à ce titre, «d’éloigner l’institution éducative de tous les courants idéologiques et des conflits politiques, qui n’apportent rien», afin que le débat au sein du secteur demeure «purement pédagogique».Une instruction qui vise clairement à préserver l’école des luttes et influences extérieures au processus éducatif, au moment où le débat sur les langues et le programme.
Le président a également demandé qu’aucune communication médiatique ne soit engagée pour promouvoir d’éventuels changements dans le secteur de l’Éducation. Selon le communiqué du Conseil des ministres, «toute proposition devra être discutée exclusivement à la table du Conseil des ministres».
À travers ces orientations, le chef de l’État entend ainsi placer la prochaine rentrée sous le signe de la stabilité, de la performance et de la pédagogie, tout en maintenant l’institution scolaire à distance des débats idéologiques et des affrontements politiques.
S. M.
