La perspective d’un retour de l’ambassadeur de France en Algérie se précise. Le président Tebboune ne s’opposerait pas au retour du diplomate Stéphane Romatet dans la capitale algérienne, selon Jeune Afrique, citant des sources concordantes.
Le sujet aurait été évoqué lors de la visite du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, à Alger, les 16 et 17 février dernier. Au cours de ses échanges avec le chef de l’État algérien, ce dernier aurait confirmé que l’ambassadeur français pouvait reprendre ses fonctions.
Le feu vert donné par le président Tebboune pour le retour de Stéphane Romatet est interprété comme un signal de détente dans les relations franco-algériennes. Si ce retour se confirmait, il pourrait constituer une nouvelle étape dans les efforts engagés par les deux pays pour rétablir un dialogue diplomatique plus stable.
Ce signal est perçu comme un geste d’apaisement dans un contexte marqué ces dernières années par de fortes tensions entre Paris et Alger. Le président Tebboune aurait assuré au ministre de l’Intérieur français Laurent Nunez que Stéphane Romatet «pouvait reprendre son poste». Rappelé en pleine crise diplomatique entre les deux pays, Stéphane Romatet n’est pas revenu à Alger depuis 2024 et a été au cœur d’une nouvelle polémique suite à la diffusion d’un reportage début 2026.
Le diplomate avait quitté le pays en avril 2025 à la demande d’Emmanuel Macron en raison des vives tensions entre les deux pays. La diffusion de l’émission «Complément d’enquête» de France 2, consacré à la crise franco-algérienne, avait passablement énervé les autorités algériennes. Plusieurs épisodes ont récemment crispé la relation bilatérale.
La visite de Laurent Nuñez en Algérie en février semble, toutefois, marquer un début de normalisation des relations. Les discussions entre lui et les responsables algériens ont permis d’aborder plusieurs dossiers sensibles, dont la situation de l’ambassadeur. Ces derniers temps, des signes d’apaisement ont été observées de part et d’autre.
Les relations franco-algériennes amorcent une timide désescalade début 2026, marquées par la relance de la coopération sécuritaire, le retour attendu de l’ambassadeur algérien à Paris. Les deux pays ont repris leur collaboration en matière de lutte antiterroriste, d’immigration irrégulière et de criminalité transfrontalière.
Les badges aéroportuaires des agents diplomatiques algériens seront rétablis. Une désescalade sur les questions de mobilité et la réactivation de commissions mixtes pourraient relancer les investissements. La réduction des laissez-passer consulaires par l’Algérie bloque le retour de ressortissants, créant une crise des visas.
Par ailleurs, il n’y aura plus d’obstacles pour les consuls d’Algérie et la prise de rendez-vous dans les préfectures françaises pour les étudiants et résidents algériens sollicitant une carte de séjour ou son renouvellement. Mais s’agissant des étudiants algériens, Paris a tenu à dire qu’aucune mesure de représailles n’a été édictée, les retards dans les démarches et procédures affectent tous les demandeurs de titres de séjour sans distinction.
L’amorce de ce rapprochement vise à sécuriser la coopération sécuritaire et à stabiliser les échanges économiques, tout en gérant les contentieux migratoires et mémoriels. Malgré la baisse des échanges commerciaux, l’Algérie reste un partenaire économique important pour la France. De petits gestes ont permis la relance de certains secteurs.
En 2026, l’apaisement économique entre l’Algérie et la France reste cependant dépendant d’un signal politique fort, les tensions actuelles entravant les échanges. Bien que l’Algérie, en forte croissance, se diversifie, les relations commerciales sont freinées par des blocages administratifs, notamment les visas et les liaisons consulaires.
Malgré les tensions, la France reste un partenaire important (plus de 11,8 milliards d’euros d’échanges en 2023).
La relation reste complexe, marquée par une alternance de rapprochements et d’éloignements, mais cette nouvelle séquence montre un désir d’apaisement de part et d’autre. En tout état de cause, la visite de Nunez a fait baisser la tension diplomatique.
H. Adryen
