Lancement d’une nouvelle série d’avis d’appels d’offres jusqu’en 2029
Prévue initialement pour le 15 avril, l’ouverture publique des offres de «Algeria Bid Round 2024» a eu lieu, hier, au siège du ministère de l’Énergie par l’Agence Nationale pour la Valorisation des Ressources en Hydrocarbures (ALNAFT). L’appel d’offre a vu la participation d’entreprises énergétiques de diverses nationalités. Sur les 42 entreprises ayant manifesté leur intérêt, seules 17 compagnies ont franchi l’étape décisive de l’accès à la salle de données (data room), reflétant ainsi l’intérêt croissant pour les opportunités d’investissement offertes par l’Algérie dans le secteur des hydrocarbures. L’appel d’offres concerne 6 blocs localisés dans différentes régions, à savoir El Mazayed à Oued Maya, Ahara à Illizi sur une superficie de 17.654 km² pour le gaz liquéfié, Reggane II d’une superficie de 40.828 km pour la production de gaz, Zarafa II (38692 km² Gaz), Tawal localisé dans le champ de Berkine (64.245 km², Gaz) et enfin Qarn El Kassa (36347 km2 Gaz).
La commission d’appel à la concurrence a, au final, réceptionné sept offres portant sur les périmètres en question. À l’issue de l’ouverture et de l’évaluation des offres, cinq périmètres ont été attribués à plusieurs compagnies internationales. Il s’agit du consortium TotalEnergies /Qatar Energy pour Ahara, du consortium ENI/PTTEP pour Raggane II, ZPEC pour Zerafa II, du consortium Zangas/Filada pour Toual II et enfin de Sinopec pour Qarn El Kassa. La signature des contrats d’hydrocarbures pour les périmètres attribués interviendra dans les jours à venir avec Sonatrach, conformément aux directives fixées dans le guide de l’appel d’offres «Algeria Bid Round 2024».
Un domaine attractif
Dans son intervention, prononcée à l’occasion, le ministre d’Etat, ministre de l’Energie, des Mines et des Energies renouvelables, Mohamed Arkab, a indiqué que cet appel d’offres «intervient dans un contexte économique et législatif prometteur», soutenu par, «notamment la loi 19/13 relative aux hydrocarbures et la loi 22/18 relative à l’investissement qui, ensemble, créent un nouveau cadre juridique et institutionnel stimulant et attractif, offrant de fortes garanties et une grande transparence aux investisseurs». «En simplifiant le système fiscal et en accordant une plus grande flexibilité contractuelle», le ministre a expliqué que «la nouvelle loi sur les hydrocarbures a établi une vision claire d’un avenir plus ouvert aux partenariats, en tenant compte des intérêts de l’État, tout en permettant aux partenaires étrangers d’obtenir des résultats rentables».
Il a souligné que «la nouvelle loi sur les hydrocarbures a établi une vision claire d’un avenir plus ouvert aux partenariats, en tenant compte des intérêts de l’État, tout en permettant aux partenaires étrangers d’obtenir des résultats économiques acceptables, garantissant la faisabilité et la rentabilité pour les deux parties». Selon Mohamed Arkab, «les six régions présentées dans le cadre de cet appel d’offres disposent d’un potentiel géologique prometteur et d’infrastructures bien développées, ce qui en fait de véritables opportunités pour des investissements énergétiques intelligents et rentables», ajoutant qu’«elles s’inscrivent également dans la vision de l’Algérie de renouveler ses réserves, d’augmenter ses capacités de production et d’assurer sa sécurité énergétique, tout en continuant à approvisionner les marchés internationaux, notamment européens, de manière fiable et ordonnée».
Renouer avec les IDE
Le «Algeria Bid Round 2024» a été lancé en octobre dernier, à l’occasion de l’ouverture de la 12e édition du Salon et Conférence Afrique et Méditerranée sur l’énergie et l’hydrogène «NAPEC 2024» à Oran. Il intervient 10 ans après le dernier appel, lancé en 2014, et qui s’est soldée par des résultats décevants au vu des attentes des responsables du secteur. Sur les 31 périmètres promus, seules quatre parcelles ont fait l’objet de contrats avec les compagnies pétrolières, dont un avec la compagnie nationale Sonatrach. Il convient de signaler que la crise pétrolière générée par les schistes américains à partir de 2014 a été pour beaucoup dans le recul des investissements pétroliers à l’échelle mondiale.
Compte-tenu du nouveau contexte législatif mis en place par l’Algérie, le lancement de cet appel d’offres bénéficie d’un timing encourageant en termes d’attractivité des investisseurs. La réussite de cette démarche sera un excellent signe pour Alnaft qui s’apprête déjà à lancer un deuxième appel à manifestation d’intérêt pour l’exploration d’autres périmètres à partir du mois d’octobre prochain. Il s’agit donc d’une première série d’appels d’offres qui se poursuivront jusqu’en 2029.
Saïd S.