Le processus de normalisation entre l’Algérie et le Mali vient de franchir une étape décisive.
La reprise du dialogue diplomatique entre l’Algérie et le Mali se confirme avec la rencontre tenue, hier, à Alger, entre le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, et l’ambassadeur du Mali en Algérie, Mohamed AmagaDoulo, à l’occasion de la reprise de ses fonctions diplomatiques.
«Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a reçu ce matin, au siège du ministère, l’ambassadeur de la République du Mali en Algérie, Mohamed AmagaDoulo, qui lui a rendu une visite de courtoisie après avoir repris ses fonctions en Algérie», a indiqué un communiqué du ministère.
Une dynamique de rapprochement relancée
Cette rencontre traduit la volonté des deux pays de tourner la page d’une crise qui avait profondément affecté leurs relations bilatérales et de réactiver les mécanismes de coopération dans un contexte régional marqué par de profondes mutations géopolitiques.
«Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la dynamique positive que connaissent les relations de fraternité et de bon voisinage entre l’Algérie et le Mali», ajoute le communiqué.
Selon la même source, les échanges ont porté sur les perspectives de consolidation des relations bilatérales ainsi que sur le renforcement de la coordination entre Alger et Bamako, notamment dans les domaines liés aux intérêts communs et à la stabilité régionale.
Cette rencontre marque la concrétisation d’une normalisation très attendue dans la région. Elle intervient quelques jours après l’audience accordée, lundi dernier, par le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, à l’ambassadeur d’Algérie au Mali, Kamel Retieb.
Le retour à une coopération complète
Le retour des ambassadeurs et la reprise complète des relations diplomatiques, annoncés le 10 juillet dernier, constituent un signal politique important dans une région du Sahel confrontée à la montée des défis sécuritaires, aux recompositions d’alliances et à la multiplication des influences extérieures. Ce retour à la normale s’est également traduit par la levée des restrictions aériennes réciproques et par le retour des ambassadeurs dans leurs postes respectifs.
La crise entre les deux pays, déclenchée en avril 2025 à la suite d’un différend liéà un incident impliquant un drone près de la zone frontalière de Tin Zaouatine, avait provoqué une dégradation rapide des relations bilatérales. La fermeture des espaces aériens et le rappel des ambassadeurs avaient alors marqué l’un des épisodes les plus sensibles des relations algéro-maliennes de ces dernières années.
Malgré ces tensions, les impératifs géographiques, historiques et sécuritaires ont favorisé la reprise du dialogue. L’Algérie et le Mali partagent une longue frontière ainsi que des intérêts communs en matière de lutte contre le terrorisme, de sécurisation des zones frontalières et de stabilité dans l’espace sahélien.
Un enjeu stratégique pour le Sahel
Pour Alger, le rétablissement des relations avec Bamako s’inscrit dans une approche visant à préserver son rôle de partenaire régional majeur et à maintenir des canaux de dialogue avec les différents acteurs du Sahel. Pour les autorités maliennes, cette normalisation intervient dans un contexte où le pays cherche à diversifier ses partenariats et à renforcer sa marge de manœuvre diplomatique.
Au-delà de la dimension bilatérale, ce rapprochement pourrait contribuer à insuffler une nouvelle dynamique régionale, alors que le Sahel traverse une période de profondes recompositions politiques et sécuritaires. La restauration de la confiance entre Alger et Bamako apparaît ainsi comme un enjeu dépassant le cadre des relations entre deux États voisins, en raison de son impact potentiel sur la coopération sécuritaire et la stabilité de l’ensemble de la région.
Smail Rouha
