Le procureur général près la Cour d’appel d’Alger a introduit avant l’expiration des délais un pourvoi en cassation à la chambre pénale de la Cour suprême pour la révision du procès de l’inculpée Wahida Guerroudj et son frère Abdelghafour poursuivis et condamnés pour enlèvement et séquestration d’une personne. Les magistrats de la première chambre pénale de la Cour d’Alger ont atténué, le 11 juin dernier, d’une année la peine prononcée contre l’influenceur Wahida Guerroudj et son frère Abdelghafour poursuivis pour avoir violenté et filmé leur proie.
Les deux mis en cause ont été par contre blanchis par rapport à l’accusation relative à la publication du discours de la haine.
Ainsi, l’inculpée Wahida Guerrouche a bénéficié de larges circonstances atténuantes ce qui lui a permis de voir sa peine réduite d’une année ainsi que son frère Abdelghafour.
Pour rappel, le procureur général a requis, au cours de son réquisitoire aux juges de la première chambre pénale de la Cour d’appel d’Alger d’aggraver les peines contre l’inculpée Wahida Guerroudj et son frère Abdelghafour car il a estimé que les faits retenus contre les deux mis en cause sont formels notamment en ce qui concerne l’intention de porter atteinte à leur victime.
L’inculpée a reconnu au cours de son passage à la barre avoir violenté et maltraité sa victime.
L’incriminée a par contre nié avoir utilisé dans ses vidéos publiées et diffusées le discours de la haine. Interrogé, son frère a déclaré aux magistrats : « Il a sali l’image de ma sœur…».
Appelée à la barre pour donner sa version des faits, la victime a clamé haut et fort : « J’ai vécu l’enfer. J’ai failli être tué par la mise en cause et son frère pour de graves propos que je n’ai jamais dits… »
Pour rappel, le président de la section des flagrants délits du tribunal de Chéraga a condamné l’inculpée à une peine de trois ans de prison ferme et une amende de 50 millions de centimes car elle a été reconnue coupable des graves faits qui lui ont reprochés au cours de l’enquête préliminaire et l’instruction judiciaire notamment agression musclée au vu et au su des citoyens.
Placée en détention provisoire à la prison de Koléa dans la wilaya de Tipaza au terme de sa présentation devant le procureur de la République près le tribunal de Chéraga puis devant le juge chargé de la comparution immédiate au niveau de la même juridiction n’a pas eu la partie facile suite aux preuves légales et matérielles réunies dans la vidéo publiée sur les réseaux sociaux.
L’incarcérée filmait sa victime alors qu’elle l’agressait physiquement et verbalement. Elle apparaît en train d’insulter, d’intimider et de maltraiter un jeune homme. Ce dernier a été enlevé, séquestré, tabassé et gardé plusieurs heures avec la complicité de son frère « K. Abdelghafour ». Ce dernier a été quant à lui reconnu coupable pour complicité dans l’agression musclée et insultes proférées à la victime. Il a été condamné à une peine de 5 ans de prison ferme assortis de 50 millions de centimes de dommages et intérêts qu’il doit verser au plaignant suite aux préjudices qui lui ont été causés. Ce dernier n’est autre que le manager de la locataire de la prison de Koléa. Lors de son passage à la barre, l’accusée a avoué avoir maltraité la victime et a tout fait pour esquiver la responsabilité pénale qui pèse sur elle, elle a déclaré à la direction du président : « Je regrette mon geste. J’ai commis une grave erreur en publiant la vidéo sur les réseaux sociaux. Je voyais rouge, je n’ai pas contrôlé mon acte. J’aurais dû ne pas le faire ». « Je le considérais comme un membre de ma famille. Il m’a choqué par les photos et images publiées sur son portable. J’avais une entière confiance en lui. Je n’ai jamais douté un instant qu’il allait se comporter de la sorte» a-t-elle ajouté.
La mise en cause a tenu à préciser que son manager était venu chez elle en compagnie de sa compagne qui répond au nom de «Degla». Après avoir échangé plusieurs sujets, elle a su que le manager gère plusieurs pages sur facebook, en utilisant des noms fictifs et qu’il était en contact avec des individus qui tentent via les réseaux sociaux d’influencer les gens par la publication de fausses informations qui touchent à la dignité des personnes. Degla se trouve toujours en fuite à l’étranger et fait tout pour salir mon image.
Pis encore, son manager se livrerait à des comportements inappropriés dans sa maison, se filmant dans des positions indécentes et utilisant ses effets personnels et ses vêtements.
De son côté, le manager a réfuté les allégations de l’inculpée. Il a affirmé au président : « Dès mon arrivée au domicile sur invitation de la prévenue, son frère m’a immédiatement assené un coup de poing au visage. Puis sous la menace d’un objet contondant, il m’a forcé à entrer dans la cuisine.
Il a ajouté qu’une fois arrivée, l’accusée a commencé à l’interroger sur l’argent des abonnements et des publicités. Elle s’est ensuite mise à l’agresser verbalement en le traitant de lâche. Elle l’a filmé en le giflant, je ne pouvais rien faire. La victime a par ailleurs affirmé que le frère de la détenue de la prison de Koléa était armé d’un couteau et a tenté de l’agresser, mais l’intervention in extremis de leur mère lui a permis de prendre la fuite.
R.H.